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Antonio Salieri : Requiem - Beethoven : Mer calme et Heureux voyage, op.112 - Schubert : Offertoire "Intende voci" D.963

PAR Marc Vignal | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 11 août 2010
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Classica

Antonio Salieri (1750-1825), Arianna Zukerman (soprano), Simona Ivas (mezzo-soprano), Adam Zdunikowski (ténor), Luis Rodriguez (baryton), Choeur et Orchestre Gulbenkian, Lawrence Foster

Pentatone PTC5186359 (Codæx). 2009, 57'

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La note de Classica :

 


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Disponible en qualité CD (LossLess)

Salieri devint maître de chapelle impérial à Vienne en 1788, plus de vingt ans après s'être installé dans cette capitale. Peu à peu, les circonstances le conduisirent à se détourner de l'opéra (son dernier fut monté en novembre 1804) et à se consacrer de plus en plus à la musique d'église. Comme partitions importantes, il composa notamment, en 1804, un Requiem en ut mineur destiné non à être entendu immédiatement, mais seulement à ses propres funérailles : l'ouvrage y fut bien exécuté, mais cet événement n'eut lieu que vingt-et-un ans plus tard.

Son Requiem respire une atmosphère de fin résignée, voire de dépression. Il a très peu à voir avec celui de Mozart, moins en tout cas qu'un autre Requiem en ut mineur composé un an auparavant à Vienne (1803) : celui (enregistré chez CPO en 1992) de Joseph Eybler, qu'en 1791 Constance avait sollicité avant Süssmayr pour "terminer" la partition de Wolfgang. Au début de son Requiem, Salieri procède par blocs sonores, les voix solistes (peu utilisées) n'intervenant pour la première fois qu'au Recordare de la séquence. Les sujets de fugue sur "Quam olim Abrahae" et surtout sur "Osanna in excelsis" sont originaux, et la musique baigne souvent dans l'éclat ou le drame des trompettes et timbales, avec un catastrophisme rappelant Les Danaïdes. La douceur mélodique et l'ampleur harmonique finissent pourtant par prévaloir sur la tragédie. L'interprétation est excellente.

Meeresstille und Glückliche Fahrt de Beethoven et l'Offertoire de Schubert remplissent parfaitement leur rôle de complément, ou plutôt trop bien : aucune nécessité ne les impose, mieux aurait valu d'autres pages d'Antonio Salieri, ce dont on ne manque pas.

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