Alexandre Tansman
Symphonie n° 2* - Symphonie concertante* (Symphonie n° 3) - Quatre mouvements pour orchestre
Wilma Smith (violon), Katharine Brockman (alto), David Berlin (violoncelle), Caroline Almonte (piano), Orchestre symphonique de Melbourne, Oleg Caetani
Chandos CHSA5065 (Cod
NOUVEAUTE_PREMIERE
Grande dynamique, pr

Le troisième volume de l'intégrale symphonique du compositeur d'origine polonaise est un jalon remarquable et une découverte enthousiasmante. Caetani et sa formation australienne portent les trois nouvelles partitions (les deux symphonies respectivement de 1926 et 1931 sont, aussi incroyable que cela puisse paraître, enregistrées pour la première fois) avec ferveur et panache.
La Deuxième Symphonie dédiée à Koussevitzky évoque l'écriture de Martinu et plus encore de Roussel. Caetani impose un mouvement cohérent, un élan à la fois bucolique et heureux. La luxuriance des timbres n'est jamais appuyée et la veine lyrique s'écoule naturelle comme dans le mouvement lent dont les bois (excellent hautbois) rappellent l'élégance et la pudeur des compositions de Ravel et de Pizzetti. Pourquoi cette partition si raffinée a-t-elle été oubliée ? Mystère. Le Scherzo séduit par sa délicieuse virtuosité dans laquelle les pupitres de l'harmonie sont fort occupés. Une fois encore, Caetani met en valeur l'imbrication complexe des contre-chants par un jeu pointilliste fantasque et inventif. La Symphonie possède la saveur et la vivacité d'une pièce de Mendelssohn. Mais dans le Finale, nous faisons un détour par l'univers de Rimski-Korsakov. Ce « Coq d'Or » irrévérencieux est une pièce d'orchestre aussi intelligente que démonstrative.
La Troisième Symphonie, pièce avec solistes (un quatuor pour piano), est originale. Sa conception empreinte de mystère appartient au néoclassicisme le plus printanier. Elle n'a toutefois pas l'intransigeance des partitions de Stravinsky. Ainsi, la partition croise les chemins de Gershwin, du cabaret et du concerto grosso baroque. Tansman s'est visiblement amusé à composer ces multiples collages allant jusqu'à puiser chez Bartók dans le troisième mouvement qui rappelle le Premier Concerto pour piano du musicien hongrois. L'œuvre est attachante parce qu'elle est inattendue et tendre à la fois. Caetani ne commet pas la faute de l'assécher ou de lui attribuer une modernité hors de propos.
Les Quatre mouvements symphoniques datent des années 1967-1968. Les influences de Penderecki, Bartók et Lutoslawski conduisent cette pièce dans toute autre catégorie. La permanence des glissandi dans l'extrême aigu, les frottements de la petite percussion composent un superbe exercice d'orchestre. Quelques harmonies debussytes — le perpetuum mobile du second mouvement — éclairent l'étrangeté de la palette des couleurs. Au coeur de la partition, l'Élégie, pourrait passer pour un hommage à Berg. Tansman travaille sur le silence et la profondeur des échos d'instruments. La toccata conclusive serait une superbe ouverture de concert. Elle annonce les éclats d'un autre polonais, Andrei Panufnik, mais aussi de Bernstein et pourquoi pas aujourd'hui, les réjouissantes déflagrations d'un Thierry Escaich !
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