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À l'eau-de-vie

La Cerisaie d'Anton Tchékov au Théâtre de la Colline, jusqu'au 10 mai 2009
Un spectacle magnifique, et l'ultime réalisation du metteur en scène Alain Françon avant d'achever en janvier prochain son mandat à la tête de cette scène parisienne qu'il dirige depuis 1996.
● ● ● BRAVO !

PAR Laurence Liban | THÉÂTRE | 3 avril 2009
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L'Express Styles

Imprégné d'une tendresse qui s'avoue enfin dans les clairs-obscurs d'une demeure promise à la destruction, ce spectacle d'Alain Françon touche à plus d'un titre. En laissant au vieux serviteur, bientôt oublié dans la maison vide, le soin de tracer les premiers pas de la pièce, le metteur en scène dévoile d'emblée une attention inquiète pour ce qui s'éteint, pour la fragilité, pour l'homme souffrant. Le prodige, c'est qu'il parvient à faire cohabiter cette mélancolie avec une gaieté authentique : on danse, on fait des tours de magie, on extorque de l'agent, on tombe amoureux, bref, on vit au bord des gouffres avec élan et sincérité.

Ainsi La Cerisaie connaît-elle ses derniers moments dans le décor de Jacques Gabel (inspiré de la mise en scène originelle de Stanislavski). Les costumes délicats de Patrice Cauchetier, les lumières crépusculaires de Joël Hourbeigt et le talent des comédiens (Dominique Valadié, Didier Sandre, Philippe Duquesne, Jérôme Kircher, Jean-Paul Roussillon...), tout cela fait de cette Cerisaie un miracle de pur amour. Où l'art d'Alain Françon rejoint celui de Tchekhov.



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