"Sherlock Holmes. Jeu d'ombres" : un film divertissant !
★★ Sherlock Holmes. Jeu d'ombres, un film réalisé par Guy Ritchie
Avec Robert Downey Jr., Jude Law, Noomi Rapace...
En salles le 25 janvier 2012
Divertissant. Jude Law et Robert Downey Jr, moins cabotins qu'espiègles, héros d'une fantaisie étonnamment plaisante.
Une huitre avariée, peut-être. Ou un marron mal glacé. Je ne sais pas. Toujours est-il qu'en quelques semaines j'ai griffé Spielberg, enfoncé Cronenberg, douté d'Eastwood, dédaigné Fincher, et voilà qu'aujourd'hui, je vous préviens, le coup est rude, je vais dire du bien de Guy Ritchie et de son Sherlock Holmes. Jeu d'ombres. Je ne m'en remets pas. Quoique. C'est le propre des grands auteurs de mettre la barre de référence à hauteur telle que, parfois, ils ne l'atteignent pas. Quant à Guy Ritchie, il sort ici la tête des eaux plates dans lesquelles il navigue habituellement. Il ne l'a sans doute pas fait exprès mais le résultat est là. Ou alors il s'améliore. Ce qui permet de croire dans le genre humain.
On prend les mêmes — Sherlock Holmes et le Dr Watson —, on leur adjoint le plus grand criminel de tous les temps inventé par Conan Doyle, le Pr Moriarty, et on recommence sur le thème aventure, duo crypto-homo, bagarres et déductions fumeuses. L'intrigue est simple : Moriarty veut faire exploser la planète, Holmes et Watson ne veulent pas. En gros.
C'est du divertissement. Qui ne pète pas plus haut que le savoir-faire technique de son réalisateur. Le scénario rebondit comme il faut, les deux comédiens, Robert Downey Jr et Jude Law, se marrent sans se marquer à la culotte comme le feraient des cabots jaloux l'un de l'autre — il y avait cette vague impression dans leur première aventure — et la mise en scène de Ritchie est montée sur ressort tout en évitant le mal de crâne. Mieux : la séquence de poursuite dans les bois — il faut le voir pour me croire — prouve que la 3D ne sert définitivement à rien au cinéma pour s'exciter le neurone et qu'un peu d'inventivité technique parvient toujours à friser l'œil du spectateur blasé. C'est aussi, avec moins de poésie tout de même, un cinéma qui prolonge celui de Méliès : fabriquer un imaginaire, assumer une déréalisation absolue et raconter une histoire. Pas de quoi en faire une thèse de troisième cycle non plus. Juste prendre plaisir. Mais un plaisir juste. Le cinéma sert aussi à ça.
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