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Elle et lui

● ● ● BRAVO !
Les Noces rebelles de Sam Mendes
En salle depuis le 21 janvier 2009

Kate Winslet et Leonardo DiCaprio, un couple en train de vaciller. Magnifique !

PAR Éric Libiot | LE CINÉMA D'ÉRIC LIBIOT | 26 janvier 2009
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L'Express

Une femme. Un homme. April. Frank. Deux visages connus. Bon sang, mais c'est bien sûr ! Kate Winslet et Leonardo DiCaprio, enfin réunis après leur croisière sur le Titanic, en 1999. Sous l'œil, cette fois, du mari de Kate Winslet en personne : Sam Mendes. Il s'agissait donc de ne pas se la jouer retrouvailles et romance. C'était la séquence « potins et célébrités ».

Le film Les Noces rebelles est, lui, magnifique. Adapté du roman de Richard Yates publié aux Etats-Unis en 1961 sous le titre Revolutionary Road et traduit, en France, par La Fenêtre panoramique, il ausculte un couple d'Américains des années 1950, quand leur vie semble s'enliser dans le gazon propret de leur jolie maison en bois blanc. Frank est commercial ; April, mère au foyer. Train de banlieue gris et enfants charmants. Routine et petits plats. Tromperie et désœuvrement. Décision est donc prise de changer de vie avant que les ennuis ne commencent. Le problème, c'est qu'ils vont commencer juste à ce moment-là.

Les Noces rebelles renvoient en fait à American Beauty, premier film de Mendes, qui rafla cinq oscars en 2000. À l'époque, Mendes est le chroniqueur acide d'une Amérique en plein dérapage incontrôlé et qu'il regarde, à distance, exploser sous ses yeux. Cette fois, le cinéaste prend place à l'intérieur de son sujet. Il est l'observateur attentif d'un couple en train de vaciller. Cette promiscuité offre au film une grande tension romanesque, qui emporte l'écran deux heures durant. Ecrit avec beaucoup de précision et d'acuité, le scénario ne souffre pourtant jamais de la froideur qui empoisonne ce genre de récits. Si Mendes évite le psychologisme, c'est parce qu'il est servi par deux immenses comédiens. DiCaprio vieillit en force et en épaisseur, perdant heureusement cet aspect juvénile qui lui collait aux oreilles. Kate Winslet, elle, ange bouleversant et démon irritant, s'approche doucement des jupes de Meryl Streep, la meilleure actrice du monde. Ni plus, ni moins. Bien au contraire.

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