Beaucoup de bruit pour... Avatar
★ Avatar, un film de James Cameron
Avec Sam Worthington, Zoe Saldana, Sigourney Weaver...
En salles le 16 décembre 2009
Déception. Metteur en scène doué, technologie maîtrisée, mais intrigue banale et personnages taillés à la serpe.
Tartignole et impressionnant. Voilà résumé en deux mots, parce qu'il faut cultiver le goût du paradoxe, le film le plus cher de l'histoire du cinéma, le plus attendu de l'année, 2 h 41 au compteur, 3D (dans les salles équipées), cow-boys et Indiens, heroic fantasy et lance-missiles, bastons et bons sentiments.
Sortant de la projection d'Avatar, de James Cameron, l'homme du gigantesque Titanic, il faut un petit moment pour reprendre ses esprits et retrouver le monde réel après ce voyage imaginaire, lunettes magiques sur le nez, qui permettent, littéralement, de plonger dans cette histoire où un soldat, Jake Sully, se transforme en Na'vis, un habitant bleu de la planète Pandora, afin de jouer les espions. Permettant ainsi aux militaires de faire place nette et aux industriels d'extraire un minerai rarissime. Mais Jake va tomber amoureux de Neytiri et réciproquement — début des emmerdes pour tout le monde.
[...] Tel que vous ne me voyez pas, je viens d'effacer trois phrases pour écrire celle-ci, et cette hésitation vient du fait que je me demande ce que je peux dire de pertinent sur Avatar (et on évite les remarques désobligeantes, merci). Car, en dehors de ses enjeux industriels (voir l'article), ce film est d'une grande limpidité : James Cameron est un metteur en scène excessivement doué, au discours simple (aimez-vous les uns les autres ; pourquoi pas, après tout ?) ; la technologie est totalement maîtrisée, donnant à certaines séquences, particulièrement stupéfiantes, l'assurance du jamais-jamais-vu, mais l'intrigue est banale ; il n'y a que peu de tension dans les scènes et les personnages sont taillés à la serpe, avec mention pour le colonel, particulièrement caricatural.
Rien d'autre. Je veux bien comprendre, dans un grand élan magnanime en forme de cadeau de Noël, que l'énorme impression visuelle laissée par Avatar puisse effacer tout le reste. Moi, désolé, j'ai besoin d'un peu plus. Et je reste plus ébahi par un Titanic qui me renverse, malgré une fin connue d'avance, que par cet Avatar qui m'impressionne (beaucoup, c'est vrai), mais seulement en surface. En je préfère Sigourney Weaver en vrai, plutôt qu'en bleu.
Lire " L'aventure Avatar "
Lire " Et le Na' vi va "
Lire l'article "Les méfaits d'Avatar"
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