• Être fidèle à la musique | 

L'Italie dans l'assiette

Paris-Lyon-Marseille en six nouvelles étapes transalpines : Assaporare, La Tavola di Gio, La Fabbrica, Non Solo Cucina, Niente di Piu' et Trattoria Marco.



PAR François-Régis Gaudry | L'ADRESSE DE LA SEMAINE | 2 novembre 2009
Réagir
L'Express Styles

Assaporare
à Paris

Ce n'est pas si souvent qu'une adresse en or échappe au détecteur de métaux de la critique gastronomique. Même planquée dans une rue calme, derrière une devanture anonyme aux horaires d'ouverture plutôt light. Giuseppe Lo Casale a mieux à faire que de soigner son plan média, écartelé entre son job officiel d'architecte et son nouveau passatempo de cuisinier à mi-temps. Dans un vieux local qu'il a dénudé jusqu'au squelette — poutres, pierres et carrelage vintage — puis rhabillé d'une verrière coulissante, de béton lisse et d'un astucieux shopping Ikea, le Napolitain et ses deux compères (l'autre Giuseppe, musicien, et Bianca, comédienne) popotent selon l'humeur. Souvent le plus classiquement du monde mais avec des matières premières imparables : tomates-mozza di buffala, carpaccio de bresaola à la roquette et parmesan, antipasti de légumes ou ces impériales linguine aux petites tomates de Corbara, avec juste une pointe d'ail et deux coups de râpe à parmesan... Parfois à la façon d'une mamma qui aurait mis les doigts dans la prise : hop ! Un petit verre de vouvray sec dans la crème d'aubergines aux oignons rouges pour napper des gnocchis sardi. Allez, un œuf dans la ricotta pour concocter un flan gratiné au parmesan. Et pourquoi pas un peu de pancetta, de lait et d'échalote dans un pesto de pistache pour sublimer les gigli (de petites pâtes en forme de lys) ? Ajoutez les desserts expédiés en direct de chez Salvatore De Riso (le Pierre Hermé de la côte amalfitaine), une petite carte des vins troussée par Eric Beaumard (directeur du restaurant le Cinq), un corner épicerie garni du meilleur de là-bas (huile bio du Latium, pâtes sèches l'Oro di Gragnano...), et vous tenez votre nouvelle botte secrète.

Assaporare
7, rue Saint-Nicolas
Paris (XIIe)
01-44-67-75-77
Compter 25-30 € par personne
Ouvert de 10 à 17 heures du mardi au samedi et les jeudi et vendredi jusqu'à 23 heures.



  
La Tavola di Gio
à Paris

Gio comme Giovanni, quadra originaire des Pouilles ayant lancé une OPA sur la Risata, un italien ordinaire, pour en faire un peu plus que ça. Disons une trattoria au charme discret, sobrement rehaussée de patine taupe et de chaises où Sandrine Bonnaire, Atik Rahimi (Prix Goncourt 2008) et éditeurs d'Albin Michel mâchent côte à côte. Des totems universels bien ficelés : antipasti de légumes, linguine alle vongole, escalope à la milanese, tiramisu... Et des spécialités du talon de la Botte, polpette (boulettes de viande à la sauce tomate) et involtini (roulade de veau) en tête, deux recettes exécutées dans les règles. Ce n'est pas Laurent Gaudé, Goncourt 2004 pour Le Soleil des Scorta, marié à une Italienne des Pouilles, et client fidèle, qui nous contredira...

La Tavola di Gio
210, boulevard Raspail
Paris (XIVe)
01-43-35-47-17
Formule déjeuner : 16 € - À la carte : 40 €
Ouvert tous les jours

François Régis-Gaudry



La Fabbrica
à Paris

Au vu du décor, l'adresse tient plus du loft new-yorkais que de la vieille trattoria traditionnelle. Dans l'assiette, en revanche, pas de doute, ce bistrot rassembleur lorgne clairement du côté de la Botte avec une carte en VO intégrale. Le saute di vogonle — palourdes sautées à l'ail, au persil et au vin blanc ? Bien. La scaloppina di vitello — escalope de veau panée ? Copieuse, escortée d'une bonne caponata. Le tiramisu ? Correct. Le tout servi en souplesse et avec le sourire.

La Fabbrica
19, rue de l'Etoile
Paris (XVIIe)
01-55-37-90-00
Formule déjeuner : 19 € - À la carte : environ 35 €
Fermé le dimanche

Pierrick Jégu



Non Solo Cucina
à Paris

« Pas seulement de la cuisine », pourrait-on traduire... Prétention ? Non, juste un plaidoyer pour une cucina plus qu'italienne : sicilienne. Une identité culinaire forte dont cette trattoria carrelée de blanc, au chic graphique plus Little Italy que Syracuse, livre une version élégante (pas de tripes, dont on raffole à Palerme). La parfaite pasta s'habille de mérou, d'oursin ou de sardines fraîches, ces dernières — ultragourmandes — accompagnées de raisins secs, pignons, fenouil sauvage et chapelure croustillante. Desserts moins insulaires, diabolique cassatina à la ricotta sur-sucrée mise à part. Petit bémol : les entrées aux prix gonflés (14 € la salade de — très bonnes — tomates...).

Non Solo Cucina
135, rue du Ranelagh
Paris (XVIe)
01-45-97-99-93
Au déjeuner : menus à 24 et 29 € (Compter 40 € par personne)
Ouvert du mardi au samedi

Elvira Masson



Niente di Piu'
à Lyon

Il y avait d'abord l'épicerie fine, un véritable inventaire de l'exception culturelle italienne. De mortadelle en charcutaille de choc, d'antipasti en pâtes sèches et fraîches, Caroline est passée à l'acte. Et a ouvert depuis quelques mois avec son mari une annexe, pour une vingtaine de convives et basta, puisant dans le stock du providentiel magasin. Ça tombe bien, on fera ainsi ses emplettes (de l'huile de Sicile, on en redemande) avant de dénouer sa serviette : salades en panaché (artichauts à l'huile, petits piments farcis — top !), viandes séchées, penne et spaghetti en méga portion (400 g par personne, un repas en soi). A ne pas manquer, les gnocchis au fromage (ou à la truffe), qui font un tabac. Vin au verre et caffé ristretto comme l'addition : de 15 à 20 €.

Niente di Piu'
8, rue du Palais-Grillet
Lyon (IIe)
04-78-92-94-84
Ouvert du mardi au samedi midi, week-end jusqu'à 22 heures

Andrea Petrini



Trattoria Marco
à Marseille

Il a calé sa terrasse l'automne dernier face à la mairie, le bon Napolitain qui tenait cantine deux rues plus haut. Cette fois, c'est dans son bistrot au look milanais — chrome et rondes vitrines — qu'il envoie une fraîche mozza de buffala sur rughetta, fondante chiffonnade de Parme et bruschetta à la tomate d'enfer ; de tendres gnocchis de pomme de terre laqués d'une sauce au gorgonzola et pistache ; de joufflus raviolis fourrés basilic-brousse toppés de calmars et pignons ; une panacotta aux fraises un peu sucrée mais joliment prise. Le tout maison, bien sûr. D'où prix à payer : une longue attente.

Trattoria Marco
2, rue de la Guirlande
Marseille (IIe)
04-91-90-60-08
Entrées de 10 à 15 €, plats de 10 à 22 €
Fermé les dimanche et lundi

Marie-Amal Bizalion


 Lire aussi

Votre avis

Fil d'actualités

Tous les Qobuz Studio Masters en promotion pendant 6 jours !

Jazz : Cap au Nord

Jusqu'au 30 juin, recevez un chèque remise de 25% pour tout achat de 25€ sur le label Naxos

Inscrivez-vous à nos newsletters