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L’Auditorium de Mikkeli en Finlande

Un de ces paysages d’aube du monde si typiques de la Finlande, au bord de l’immense lac Saimaa. Ici, la petite ville de Mikkeli accueille depuis 1992 un festival de musique dont Valery Gergiev est le directeur artistique. La musique, l’eau, la forêt : le paradis ?

PAR Xavier Lacavalerie | Histoire d'un lieu | 21 novembre 2011
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Classica

Mikkeli est une petite ville de Finlande, capitale de la région de Savonie du Sud et de la partie orientale du pays. En langue finnoise, idiome particulièrement croquignolet, comme aiment à le rappeler tous les linguistes qui s’arrachent les cheveux sur ce véritable casse-tête épouvantable à apprendre mais étonnant à écouter, ça donne quelque chose comme : « etela Savon maakunta, itä Suonen lääni ». Sans aucune garantie…


Tout cela pour vous parler d’un endroit absolument magique (et écologique), un petit bijou construit en pleine nature, un peu à l’écart de la ville, au bord d’un des 700 lacs que compte la région, où la musique semble surgir comme Vénus de son coquillage : l’auditorium de Mikkeli, le « Martti Talvela Hall », en hommage à la célèbre basse finlandaise.

Achevé en 1989, le Martti Talvela Hall abrite le Festival de Mikkeli.

 

À peine entré dans le bâtiment de verre, de bois et de béton d’un blanc immaculé, on se sent immergé dans un océan de tranquillité — une sensation que l’on éprouve toujours un peu dans ce pays tant la lumière, l’eau, les lignes infinies des sapins sur l’horizon rectiligne assez bas et le silence ambiant concourent à apaiser les sens et donnent l’impression d’être trop, ou mal, réveillé.


Mais en été, c’est tout le contraire, quand monsieur le Soleil daigne aller faire semblant de se coucher vers 3 ou 4 heures du matin pour se lever une petite heure plus tard, générant une excitation heureusement propice à l’écoute de la musique.


La salle de concert — guère plus de 800 places — est une petite merveille pour les oreilles comme pour le regard, claire, confortable, aux dimensions idéales.




À quoi sert-elle l’hiver, quand la nuit et la neige recouvrent toute la région et quand la vie ensommeillée semble tourner au ralenti ? Mystère… Mais quand les beaux jours reviennent, ce bel auditorium nous rappelle que la Finlande est aussi le pays le plus cultivé et le plus musicien du monde. C’est particulièrement sensible en juillet lors du Festival international de musique de Mikkeli, fondé en 1992 par le musicologue Seppo Heikinheimo et dont le directeur artistique n’est autre, depuis 1993, que le chef d’orchestre russe Valery Gergiev. Gergiev, vous savez bien, ce musicien toujours rasé avec une biscotte, qui a toujours deux ou trois téléphones portables sur lui mais qui n’a pas son pareil pour électriser et faire chanter un orchestre.


Valery Gergiev avec son orchestre sur la scène du Martti Talvela Hall

 

Depuis vingt ans, durant les deux premières semaines de juillet, il vient avec sa formation du Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg, via le poste-frontière de Vaalinaa-Torphanovska, donner les grandes pages du répertoire symphonique russe et finlandais, avec l’urgence pressée des vrais militants et la satisfaction de trouver là un public de connaisseurs. Puis, la dernière note expédiée, il saute dans son hélicoptère, sans doute vers d’autres engagements mirifiques et rémunérateurs.


Mais à chacun son rythme : à Mikkeli, dans cet auditorium flottant un peu hors du temps, reste longtemps l’écho de la musique jouée, qui n’en finit pas de mourir et de laisser des souvenirs émerveillés.


Xavier Lacavalerie

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