Buenos Aires
Capitale sensuelle
Ce n’est pas un mythe : ici, la fête ne cesse jamais. Les jours et les nuits
de Buenos Aires continuent de réinventer le tango et l’érotisme.
Balade troublante dans la ville de l’amour.
Il était une fois Buenos Aires, une ville où les premiers à vous causer sont les chauffeurs de taxi. Ils ont un avis sur tout, et brûlent de vous en faire part.
21 h 30. Le soleil commence à décliner. C’est l’heure où naît une autre ville, qui va s’épanouir avec la nuit. Le tempérament de Buenos Aires est peut-être moins gai que celui de ses sœurs du Brésil ou des Caraïbes. Mais la ville a une particularité fascinante : la fête n’y cesse jamais. « Quelle que soit l’heure, il y a des bars ouverts, des discothèques, du mouvement », note Juan, un Colombien.
« La nuit est une fête longue et solitaire », assurait l’écrivain Jorge Luis Borges. Solitaire ? Pas vraiment. Ce qu’on appelle les telos dans le jargon local ont pignon sur rue, un peu partout. Aussi nommés albergues transitorios (auberges transitoires), ces hôtels louent aux
couples installés en quête de fantaisie ou aux amants clandestins des chambres pour quelques heures. L’intérieur est d’un kitsch délicieux : miroirs aux murs et au plafond, jeux de lumières, musique rock, parfois bains à bulles ou matelas rempli d’eau, selon les formules. On trouve de tout et pour toutes les bourses. Une discrétion absolue est assurée
aux intéressés. À l’entrée, le caissier est planqué derrière une vitre teintée. La plupart des hôtes préfèrent entrer discrètement en voiture par le parking.
La nuit s’achève. Les amours, aussi, ont une fin. Dans le Bar de Roberto, situé dans le quartier d’Almagro, les chanteurs de tango se lamentent
sur les trahisons sentimentales, l’être cher disparu, la beauté évanouie. Les derniers noctambules boivent une bière Quilmes ou un Fernet en écoutant Osvaldo, 78 ans. Dans cet ancien entrepôt d’alcools, le vieux monsieur entonne a cappella un air mélancolique. Un guitariste l’accompagne sur une petite estrade : « Noches porteñas bajo tu manto / Dichas y llanto muy juntos van. » En français : « Ô nuits de Buenos Aires, sous ta cape, bonheur et pleurs marchent ensemble. » Pour une promenade inoubliable.
Lire sur Qobuz l'article Tango : la guerre est finie
CARNET PRATIQUE
Vol aller-retour Paris-Buenos Aires à partir de 920 € sur American Airlines.
Go Voyages
0-899-651-951 - www.govoyages.com
Où dormir ?
☛ Hotel Torre Cristoforo Colombo Suites
Situé dans le nord du quartier de Palermo, un hôtel ne comprenant que des suites, jouxtant des places ombragées et des parcs, à l’abri du turbulent centre-ville. Environ 130 € la nuit en chambre double.
Fray Justo Santa Maria de Oro 2747
0054-11-4778-4945 -
☛ Home Hotel Buenos Aires
Petit hôtel de charme design, avec ses murs recouverts de papier peint aux couleurs vintage, dans le quartier de Palermo Viejo, l’un des centres névralgiques des bars et des sorties nocturnes à Buenos Aires. Jardin, piscine et spa. 88 € la nuit en chambre double.
Honduras 5860
0054-11-4778-1008 - www.homebuenosaires.com
Où manger ?
☛ La Caballeriza
Une parrilla pour les mordus de viande. La carte propose le lomo (un morceau très tendre), le traditionnel bife de chorizo et l’agneau de Patagonie. 14 € par personne.
Juan B. Justo, av. 1 599 esq. Gorriti
0054-4777-0909
☛ El Desnivel
Longtemps une cantine populaire, une adresse aussi intéressante que pittoresque. L’asado (barbecue) y est généreusement servi, la viande et le provolone (fromage grillé) savoureux. Environ 8 € par personne.
Defensa 855
0054-4300-9081
Où danser le tango ?
☛ Le Salon Canning
Son large parquet est l’un des temples du tango milonguero, l’une des formes les plus traditionnelles du tango, où les partenaires dansent collés l’un contre l’autre, avec l’homme à la manœuvre.
Scalabrini Ortiz 1331
0054-4826-8351
☛ Les Glorietas des Barrancas de Belgrano
Sous un kiosque à musique (une glorieta), les week-ends et chaque soir durant les beaux jours, se réunissent des accros du tango « salon », forme de tango libre où les danseuses font virevolter leurs talons. Ce lieu, qui surplombe un parc, vaut vraiment le détour.
☛ Plaza Dorrego
Chaque week-end, en soirée, cette place entourée de maisons anciennes et d’antiquaires est prise d’assaut par les fans. On y trouve aussi bien des danseurs tirés à quatre épingles, dans la plus pure tradition, que des amoureux du tango venus en baskets faire quelques tours de piste. À voir.
Où boire un verre ?
☛ Le Bar de Roberto
Des bouteilles d’une autre époque stockées sur des étagères, un zinc à l’entrée : un lieu bourré de charme, où les chanteurs de tango se produisent en petit comité et chantent a cappella.
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