Olivier Marchal
Fondu au noir
Le réalisateur Olivier Marchal préside le "2e Festival international du film policier de Beaune" en Côte-d'Or, qui se déroulera du 8 au 11 avril 2010. Un genre qu'il adore. Entretien.
PAR Eric Libiot |
CINÉMA ET DVD |
7 avril 2010
Pour plus d'informations, consultez le site du Festival policier de Beaune
Vous avez été inspecteur pendant douze ans, vous avez réalisé des polars, comme 36, Quai des Orfèvres ou MR 73. Pourquoi l'univers policier vous passionne-t-il à ce point ?
— J'ai plongé dedans quand j'étais petit. C'est venu par la littérature : à 13 ans, je lisais Chandler, Thompson, Goodis et San-Antonio. J'aime les ambiances noires, l'errance, la part d'ombre que j'imagine exister chez chacun. Vers 15-16 ans, j'ai lu les récits de Le Taillanter et de Borniche. J'étais un adolescent mal dans sa peau, ils m'ont donné le goût du voyage. Mais c'est Yves Montand, dans Police Python 357, d'Alain Corneau, qui m'a donné envie d'être flic. Et Al Pacino, dans Serpico, de Sidney Lumet. Des personnages hors norme.
Comment fait-on la part des choses entre la vie dans la police et celle que l'on voit à l'écran ?
— On la fait. Point. Parce qu'il le faut bien. Mais je rêvais d'une police telle que je pouvais la voir au cinéma. D'une police au service du public. Ce n'est pas celle que j'ai connue. Dans 36, Quai des Orfèvres, j'ai filmé l'appareil administratif, la lutte des clans... C'est à cela que j'ai été confronté. J'en ai eu marre. Je suis parti. Avoir été flic pendant douze ans m'a aidé à écrire des histoires et à créer des personnages.
Quels cinéastes vous ont influencé ?
— À chacun de mes films correspond une ambiance : les polars de Michael Mann [Heat] pour 36... ; The Pledge, de Sean Penn, pour MR 73 ; Narc, de Joe Carnahan, pour la série Braco. Et pour Le Gang des Lyonnais, que je prépare en ce moment, j'ai demandé à l'équipe de revoir Le Parrain 2. J'assume d'autant plus ces références que je n'arriverai jamais à la hauteur de ces cinéastes.
Quel est votre dernier coup de foudre dans le genre ?
— Un prophète, de Jacques Audiard. Je sais, ce n'est pas très original. Mais ce type est quand même largement au-dessus de tout le monde.
Propos recueillis par Eric Libiot
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