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Le Narbonne de Charles Trenet

Sur les traces de Charles Trenet. L'âme du poète plane toujours au 2 rue Anatole France devenu le 13, avenue Charles Trenet, l'adresse de sa maison natale à Narbonne à laquelle il était si fortement attaché. Restée en l'état avec son ameublement d'origine, sa maison — qu'il a donnée à la ville de Narbonne quand il avait 79 ans — n'est pas devenue un musée selon sa volonté mais se visite (depuis novembre 2000) avec son accord.

PAR Geneviève | ART ET EXPOS | 22 février 2011
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L'Express

C'est une maison pas vraiment extraordinaire. Et sans jardin. À peine une petite cour d'entrée, où la statue en bronze d'un fou chantant rappelle que Charles Trenet vécut ici son enfance. À côté d'un carrefour bruyant. Et face aux voies de chemin de fer de la gare de Narbonne. Au fond, peut-être est-ce cela qui paraît si extraordinaire. Qu'un jeune garçon ait pu faire le plein de gaieté et de tendres souvenirs au milieu de meubles de si mauvais goût, de tentures si poussiéreuses.

Il faut venir dans cette maison — la seule que Trenet tint à conserver et qu'il fréquenta jusqu'à la fin de sa vie — pour comprendre ce grand nostalgique qui chantait : « Maman, ne vends pas notre vieille maison / [...] Elle est si jolie avec ses volets verts / Sa fraîcheur l'été et sa douceur l'hiver / [...] Les trains qui vont la nuit / Nous chantent des chansons / Maman, ne vends pas la maison...»


Charles Trenet, né le 18 mai 1913, évolua dans un univers surprotégé, essentiellement féminin. Éprises de musique, sa grand-mère, sa mère et sa tante Emilie organisent les concerts de la paroisse chez elles. Mais, lorsque le père rentre du front, Mme Trenet quitte le foyer pour rejoindre un imprésario hongrois. Charles, mis en pension, ne revient plus alors que les week-ends.

« Toute son inspiration vient d'ici », explique Anne Bousquet, chargée de la maison du poète, reprise par la mairie de Narbonne. La Mer, Je chante, Douce France, La Tramontane, La Maison du poète, Y a d'la joie, Fidèle : ces chansons éternelles sont nées ici.

(Charles Trenet demanda qu’on modifie la numérotation de son adresse pour qu’elle porte le n° 13, son chiffre préféré. Superstition, liée à son année de naissance 1913 ? L’ancienne rue de Nancy, qui était route de Marcorigan, est devenue aujourd'hui Avenue Charles-Trenet.)


 

« À Narbonne (Narbonne, mon amie), j'ai l'impression que la ville fait partie de la maison, que celle-ci ne s'arrête pas à la rue, qu'elle se prolonge...», avait coutume de dire Charles Trenet. Ce qui explique pourquoi, jusqu'à la fin, il flânait dans la cité pour y retrouver ses amis, ses souvenirs, ses habitudes. Et sentir, jusqu'au dernier souffle, son cœur faire boum !

" Je dis toujours de mes autres maisons qu'elles m'appartiennent, mais celle de Narbonne, c'est la seule à laquelle j'appartiens..."

 

BONNES ADRESSES

La Résidence
04-68-32-19-41. Chambres : de 70 à 96 €
Certaines chambres donnent sur la cathédrale. Une institution à Narbonne.

Le Petit Comptoir
04-68-42-30-35. Menus : 15, 25, 35 €
Cuisine bourgeoise très honnête. Trenet y avait sa table.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'Estagnol
04-68-65-09-27. Menus : de 16 à 28 €
Le Fou chantant fréquentait aussi cette brasserie, plus anonyme.

 

 

 

 

 

 

 

 

À DÉCOUVRIR :

La maison natale de Charles Trenet
13, avenue Charles-Trenet
Narbonne
Charles Trenet a vécu à ce carrefour bruyant entre la gendarmerie et la voie ferrée.

Réservations au 04-68-90-30-66. Entrée: 5,20 €. Tarifs réduits : 3,70 €
Durée visite : 1 heure
L'artiste ne voulait pas qu'elle devienne un musée. Sa volonté est respectée. La maison, où l'on découvre au passage de vieilles photos et des partitions, semble encore habitée.
Rens.: www.decouvrez.fr

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