Salzbourg 2009 (4) : Gergiev et le LSO éblouissants !
Quatrième soirée salzbourgeoise de notre envoyé spécial, Bertrand Dermoncourt : au programme, un concert éblouissant de Valery Gergiev.
L’opéra et le théâtre ont depuis 1920 assure la gloire du Festival de Salzbourg. Les différentes séries de concerts sont cependant bien plus qu’un complément de programmation. Ne serait ce qu’en raison de la présence de l’orchestre en résidence, le Philharmonique de Vienne, qui propose chaque été une série de cinq concerts différents, donnes deux fois, le samedi matin et le dimanche soir, dans la grande salle.
On ne saurait proposer plus belle routine ! D’autant que les grandes baguettes s’y bousculent : Harnoncourt dans Strauss et Schubert, Salonen revisitant Berg et Bruckner (la Symphonie n°6), Muti affrontant Liszt, Welser-Möst Schumann et Dudamel Stravinsky. Et, histoire de conclure le festival en beauté, le London Symphony Orchestra, le Concertgebouw d’Amsterdam et le Berliner Philharmoniker viennent eux aussi à la rencontre du public salzbourgeois.
On évoquera ici qu’un seul de ces concerts de prestige, donnés dans une très bonne acoustique, renvoyant le Grand Théâtre de Provence d’Aix à ce qu’il est, malheureusement : une MJC de province. Le 26 août, Valery Gergiev dirigeait le London Symphony Orchestra dans un copieux programme mettant en regard du XXe siècle: La Mer de Debussy puis la Symphonie n°8 de Chostakovitch.
Impossible de concevoir musiques plus dissemblables, et pourtant. Visiblement dans un très grand soir, le chef et ses musiciens ont su retranscrire les infimes finesses debussystes. Aux jeux de timbres les plus subtils répondait une palette orchestrale infinie. Magistral. La Symphonie n°8 de Chostakovitch n’est en aucune mesure comparable à cette partition d’esthète. Si Debussy évoque, avec tact, le compositeur russe, lui, exprime, sans filtre, la violence la plus extrême. Gergiev a bien compris le tragique de cette partition de guerre et parvient à transformer du tout au tout la sonorité de son orchestre. De voluptueux il devient féroce : que pleurent les cordes et que crie l’harmonie ! L’intensité à la limite du soutenable n’empêche pas, cependant, la perfection de l’exécution. Un long silence, éloquent, est venu conclure ce grand moment de musique.
Le site officiel du Festival de Salzbourg 2009
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