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Reconversion réussie

Paul Agnew ajoute, avec succès, la direction d'orchestre au chant.

PAR Vincent Borel | SUR SCÈNE | 11 mai 2010
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Classica


L'ombrageux William Christie, maître des Arts florissants cède rarement la baguette à d'autres, sauf à Paul Agnew (photo), le fidèle, le délicat ténor de ses Rameau, Lully et Campra. Après une convaincante expérience Vivaldi, le chanteur poursuit sa "reconversion" avec un programme de raretés vénitiennes, napolitaines et viennoises, rodées avec succès dans de nombreux festivals.

Exigeant, Paul Agnew a choisi cet instant musical où, portés par une virtuosité nouvelle, les flamboiements de la Renaissance deviennent des concertos vocaux et instrumentaux. Le culte vénitien rivalise de liturgies alliant monodie sévère et flamboiement harmonique tandis que Rome et Naples pratiquent déjà la rupture radicale du stile rappresentativo.

Ce concert en forme de voyage polyphonique offre le dense Stabat Mater de Domenico Scarlatti, hommage du XVIIIe siècle aux deux maîtres passés, ainsi que divers Crucifixus de Caldara, drapés avec les flamboiements polyphoniques de Legrenzi. (Caen, le 11 mai, et Martigues le 12 mai).

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