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Philippe Jordan
Le "Ring" va ensorceler Paris

Philippe Jordan, le nouveau directeur musical de l'Opéra de Paris, fait fort pour ses débuts : le Ring de Wagner, jamais donné à l'opéra depuis 1957 ! Lancement en mars à l'Opéra Bastille.

PAR Franck Mallet | SUR SCÈNE | 11 mars 2010
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Classica


Blasé, le public parisien ? Pour son premier concert en tant que directeur musical de l’Opéra de Paris, Philippe Jordan ne s’en était pourtant pas laissé compter. En novembre dernier, dirigeant d’une main de maître l’opulente Symphonie alpestre de Richard Strauss, il avait malicieusement placé juste avant la pointe sèche du Concerto pour violon de György Ligeti. Avec le concours d’Isabelle Faust en soliste, il avait montré que le répertoire contemporain, joué avec un tel brio, n’avait pas à redouter de se frotter aux chefs-d’œuvre du passé. Combinaison risquée pour une première prise de contact avec la capitale... Mais le risque a payé.

« À chaque fois, je découvre de nouvelles merveilles chez Wagner. »

« Le
Ring, c'est comme si on était au plus près de l'âme humaine, au premier degré »



Philippe Jordan dirigeant le "Ring" (Photo X)


PARIS, OPÉRA BASTILLE

L'OR DU RHIN
du 4 au 28 mars 2010

LA WALKYRIE
du 31 mai au 29 juin 2010

À trente-cinq ans, le jeune chef peut désormais se concentrer sur cette nouvelle épreuve, les deux premiers volets du Ring de Wagner, qui n’a plus été donné dans son intégralité à l’Opéra de Paris depuis... 1957 ! Une musique dans laquelle il est tombé enfant. « Tout me passionnait, l’histoire, la mythologie, et la musique, bien sûr. » À neuf ans, il joue déjà le prologue, L’Or du Rhin, au piano. Il faut dire que son père, Armin Jordan, également chef d’orchestre, baigne déjà dans ce répertoire : « Wagner était très présent à la maison, on ne pouvait pas y échapper ! » Ensuite, tout va très vite pour le jeune musicien formé en Suisse, à Zurich. Intégrant le chœur d’enfants de la ville à huit ans, il débute le violon trois ans plus tard. À seize ans, il obtient le diplôme de professeur de piano au conservatoire.

Parallèlement à des cours de composition et de perfectionnement du piano, il décroche le poste d’assistant du chef d’orchestre Jeffrey Tate sur la production du Ring au Châtelet en 1994. Il prend goût à la direction, et pendant quatre ans, de 1998 à 2001, devenu assistant de Daniel Barenboim au Deutsche Staatsoper de Berlin, il se hisse à un niveau international. Aujourd’hui, il dirige partout dans le monde opéras et orchestres, et il s’est même offert son premier Ring, comme chef et non plus assistant, à l’Opéra de Zurich en 2008-2009 dans la production de Robert Wilson.

Pour autant, il ne s’est pas lassé de Wagner : « À chaque fois, je découvre de nouvelles merveilles dans l’orchestration. Je reste fasciné par cette écriture si claire, et si visionnaire pour l’époque. » Si l’on parle souvent de l’endurance des chanteurs dans Wagner, on oublie que le chef doit lui aussi tenir la partition. Au-delà de la concentration nécessaire pour les représentations, Philippe Jordan remarque que le philtre ensorcelant de Wagner ne se dissipe pas à l’issue du spectacle : « Comme si on avait été au plus près de l’âme humaine, à partir d’émotions simples, au premier degré. » Un vertige qu’il partage avec Günter Krämer, le metteur en scène qui signe cette nouvelle production à la Bastille.

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antonacci il y a environ 1 an Notation-onNotation-onNotation-onNotation-onNotation-off

Tout le monde l'aime bien, ce gars. C'est un peu comme avec James Conlon. Sympa. Disponible. Musicalement ? Trop tôt pour se prononcer.

antonacci

3 messages

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