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Opéra de Lyon Trois éclats de diamant

Pouchkine et Tchaïkovski réunis en un triptyque d'opéras autour du mal-être russe, en cette année France-Russie. Onéguine, Mazeppa et La Dame de pique sont donnés en alternance pour la première fois à Lyon, du 2 au 21 mai 2010.

PAR Gérard Mannoni | SUR SCÈNE | 10 mai 2010
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Classica

 

Tchaïkovski est-il voué aux trilogies ? Il y a la trilogie Pouchkine (Eugène Onéguine, Mazeppa, La Dame de pique) comme la trilogie Petipa (Le Lac des cygnes, La Belle au bois dormant, Casse-Noisette). C'est bien là une volonté du plus grand compositeur russe de son temps, désireux de lier son travail à celui des représentants fondamentaux de la culture nationale.

La trilogie Pouchkine de l'Opéra de Lyon avait débuté en février 2006 par Mazeppa, suivi en janvier 2007 d'Eugène Onéguine et en janvier 2008 par La Dame de pique. Il y a quatre ans, c'était la première version scénique en France de cet opéra flamboyant créé en 1884, librement inspiré de Poltava de Pouchkine, sanglante épopée historique que Tchaïkovski a renforcée d'une sulfureuse intrigue d'amour-passion. Bien mieux connus chez nous, car plus proches de la sensibilité occidentale malgré l'omniprésence d'un mal-être et d'une incapacité au bonheur typiquement slaves, les deux autres opéras furent eux aussi confiés au metteur en scène allemand Peter Stein et au jeune chef russe Kirill Petrenko. C'est cette trilogie que reprend aujourd'hui l'Opéra de Lyon (Mazeppa : 13 & 18 mai - Eugène Onéguine : 7 au 19 mai - La Dame de Pique : 2 au 21 mai)

Un travail ciselé

De Peter Stein, on connaît la vaste carrière marquée par la direction de la Schaubühne de Berlin de 1970 à 1986, par un goût des spectacles largement développés (comme son Faust de Goethe en vingt et une heures !), par ses intrusions très ciblées dans l'univers de l'opéra où il refuse les approches décalées à la mode. Sa lecture de cette trilogie est donc à tendance naturaliste et figurative, racontant les vraies histoires dans des décors et des costumes fidèles au texte, avec un travail très ciselé sur les personnages, sans les transformer en messagers de ses propres fantasmes... Si la mise en scène de La Dame de pique [ci-contre] manque un peu d'éclat, Mazeppa [photo de gauche] et Eugène Onéguine [photo de droite] rallient, eux, tous les suffrages.















Cette mise en perspective des trois partitions — rarement pratiquée ! — est une expérience riche, attirante.

Quant au chef Kirill Petrenko, il ne mérite que louanges et admiration pour sa lecture dynamique, forte et colorée des trois partitions. Pour lui, pas d'erreur de parcours, d'ailleurs. Il mène depuis une dizaine d'années la plus complète carrière lyrique et symphonique internationale qui va même le conduire jusqu'à Bayreuth pour la Tétralogie en 2013. Une raison de plus pour considérer cette initiative lyonnaise comme l'un des joyaux de l'année France-Russie.

Consulter la page Espace Partenaire Qobuz/Opéra de Lyon
www.opera-lyon.com

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