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Olivier Greif, 10 ans après

À l’occasion du dixième anniversaire de la mort du compositeur, concerts, films, débats et albums viennent célébrer l’œuvre unique d’un oublié de la musique contemporaine des années 80 et 90.

PAR Marc Zisman | SUR SCÈNE | 15 mars 2010
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« Je veux amener l'auditeur à cette espèce d'ivresse qui s'empare de moi au moment de créer : ivresse où les situations, les époques et les lieux divers se superposent, s'imbriquent, tourbillonnent et finissent par fusionner en un instant projeté dans l'éternité » Ces mots sont ceux d’Olivier Greif. Le 13 mai 2000, ce compositeur parisien disparaissait brusquement à son domicile à seulement 50 ans. Cette mort prématurée, cet « élan brisé » comme on dit dans ce genre de tragique situation, ne doit pas occulter l’œuvre d’un musicien que l’on ne cesse de (re)découvrir depuis, et qui impose un peu plus chaque jour sa belle singularité. Comme l’écrivit Jean-François Zygel dans La Lettre de Musique en janvier 2005 : « La musique d’Olivier Greif nous traverse, nous épuise et nous élève sans que l’on sache toujours d’où elle tire cette force et pourquoi elle nous hante, parfois très longtemps après qu’on l’entendue. »

Plusieurs concerts se dérouleront dans les mois qui viennent pour faire résonner aux quatre coins de France la musique de Greif :

Samedi 20 mars, à Paris, au Regard du Cygne à 20h, le baryton L’Oiseleur des Longchamps accompagné au piano par Mary Olivon se lancera dans les Chants de l’Ame.

Vendredi 26 mars, à Orléans, à l’Institut, place Sainte-Croix, la violoniste Stéphanie Moraly et le pianiste Romain David interprèteront la Sonate n°3 pour violon et piano, à 20h30.

Dimanche 18 avril, à Paris, au Musée Carnavalet, l’Ensemble Syntonia interprètera Amaryllis (extrait du Quatuor n°4 « Ulysses »), à 16h.

Mercredi 22 avril, à Deauville, en l’Eglise Saint-Thomas de Touques, le Trio pour piano, violon et violoncelle sera donné par Amaury Coeytaux, Yan Levionnois et Jonas Vitaud.

Jeudi 6 mai, à Paris, le public du Théâtre des Champs-Elysées pourra entendre la Sonate de Requiem pour violoncelle et piano interprétée par le violoncelliste Henri Demarquette et le pianiste Giovanni Bellucci, à 20h.

Mercredi 12 mai, à Grange, la soirée d’ouverture des 17e Rencontres Musicales de La Prée, qui rendent un grand hommage à Olivier Greif, résident de l’abbaye de 1998 à sa mort, sera consacrée à sa Sonate pour piano n°22 jouée pour l’occasion par Pascal Amoyel.

Le lendemain, jeudi 13 mai, toujours à Grange, un concert surprise en hommage à Greif sera donné à 11h45. Plus tard, à 17h, en l’Eglise St Cyr d’Issoudun, le violoncelliste Paruyr Shahazizian jouera Solo from « Nô ». Puis à 20h45, à nouveau à Grange, la Sonate de Requiem pour violon, violoncelle et piano et le Trio pour violon, violoncelle et piano seront revisités par Emmanuel Bertrand, Pascal Amoyel et Nicolas Dautricourt.

Samedi 15 mai, Grange vivra encore à l’heure Greif avec la projection, à 11h45, du documentaire Olivier Greif d’Anne Bramard-Blagny, suivie d’échanges et de discussions autour de l’œuvre du compositeur avec la réalisatrice et les musiciens. A 17h, à Saint Ambroix, le Quatuor Benaïm donnera le Quatuor n°4 « Ulysses ». A 20h45 enfin, à Grange, L’Oiseleur des Longchamps accompagné au piano par Leo de Bono chantera Cinq chansons enfantines, Quatre poèmes de Prévert et Three Settings of Musset.

Retour à Paris le jeudi 20 mai, à la Maison de Radio France à 20h00, avec un concert d’Annick Roussin, Michel Michalakakos, Hélène Dautry, Anne-Lise Gastaldy et l’Orchestre Symphonique du CRR de Paris dirigé par Pierre-Michel Durand pour y entendre le Quadruple concerto « la danse des morts ».

Vendredi 21 mai, la soprano Isabelle Radigon épaulée par le pianiste Stéphane Bortoli chantera trois chansons apocryphes à l’ENM de Mantes la Jolie, à 20h.

Samedi 5 juin, dans le cadre somptueux du Château de Fontainebleau, la journée commencer à 17h par une table ronde consacrée à Olivier Greif avec les musicologues Brigitte François-Sappey et Jean-Michel Nectoux et les compositeurs Philippe Hersant et Gérard Condé. A 18h, le Quatuor Voce interprètera le 3e Quatuor avec voix Todesfuge. A 20h30, ce sera au tour du Quatuor Ardeo et de la mezzo-soprano Andrea Hill de se lancer dans le 2e Quatuor à cordes avec voix sur trois sonnets de Shakespeare et les Lettres de Westerbork pour mezzo-soprano et deux violons.

Jeudi 22 juillet, à 19h, c’est au festival des Arcs que la musique d’Olivier Greif s’envolera grâce à Henri Demarquette, Nicolas Dautricourt et Michel Dalberto qui joueront la Sonate de Requiem et le trio pour violon, violoncell et piano.

Un autre festival, celui de Cordes-sur-Ciel proposera pour sa part les Chants de l’Ame par Julie Fuchs, le 27 juillet à 21h. Même lieu, deux jours plus tard, à 21h, pour le Quadruple Concerto « La danse des Morts » par Gilles Colliard, Sarah Chenaf, Ashkar Ishangaliyev, Alphonse Cemin et l’Orchestre National de Chambre de Toulouse.

Enfin, ces célébrations se termineront le 4 août, durant les Promenades Musicales en pays d’Auge à Lisieux avec l’Ensemble Syntonia et le baryton Alain Buet qui interprèteront le 2ee Quatuor à cordes avec voix sur trois sonnets de Shakespeare et Amaryllis (extrait du 4ee Quatuor « Ulysses »).

Après avoir poursuivi ses études musicales (piano et écriture) au Conservatoire de Paris, ville où il naquit le 1950, Olivier Greif fut l’élève de Luciano Berio à la Juillard School de New York, puis son assistant sur Opera qui est créé à l’Opéra de Santa Fé au Nouveau-Mexique en 1970. Depuis lors, il mène une double carrière de compositeur et de pianiste qui le conduit aux quatre coins du monde. En 1977 et en 1996, ce compositeur-pianiste reçoit les Prix Nicolo et Chartier de composition musicale, décernés par l’Institut de France. Ses œuvres – dans lesquelles on note une prédilection pour la voix – sont jouées aux États-Unis, au Japon, en Allemagne, en Pologne, en Finlande et en France. Elles font l’objet de commandes de l’Opéra de Paris, du Festival d’Automne, de Radio France, de la Radio Suisse-Romande, du Conservatoire de Paris, de Musique Nouvelle en Liberté ou encore de l’Ensemble Musique Oblique.

Comme pianiste, Greif enregistre les pièces pour piano de Poulenc. À son catalogue figurent des œuvres symphoniques, des concertos (parmi lesquels un Concerto pour violoncelle), de la musique de chambre (dont un Trio pour piano, violon, violoncelle), des pièces pour piano (dont se détache une superbe Sonate de guerre). Sa prédilection pour la voix se manifeste dans de très nombreuses œuvres.

Le site officiel de l’Association Olivier Greif

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