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Les beaux dimanches de Jeanine Roze

Les "Concerts du Dimanche matin" fêtent cette année leurs trente-cinq ans. Témoignage de leur créatrice et productrice Jeanine Roze.

PAR Franck Mallet | SUR SCÈNE | 8 octobre 2010
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Classica

 

Le centenaire de Jean-Louis Barrault coïncide cette année avec les trente-cinq ans des Concerts du dimanche matin.
— J'étais fascinée par son théâtre de la gare d'Orsay. Le dimanche matin, c'était un endroit unique à Paris, fréquenté par une foule très gaie, dont de grands auteurs : Marguerite Duras, Samuel Beckett, Nathalie Sarraute. Je suis allée le voir, et il m'a dit oui tout de suite pour des concerts. La passion de Barrault pour la musique remontait à sa rencontre avec Honegger et Pierre Boulez.

Comment fêterez-vous cet anniversaire ?
— Avec des artistes fidèles : Pierre-Laurent Aimard, accompagné par Alfred Brendel, lecteur d'un hommage au Domaine musical, avec un programme Kurtag et Ligeti (10 octobre 2010). Denis Podalydès revient sur l'homme de spectacle dans la soirée "Ma mémoire de Barrault" (12 décembre 2010), José Martinez, de l'Opéra de Paris, reprend la chorégraphie de Baptiste en hommage aux Enfants du paradis (14 novembre 2010). Autre fidèle des Concerts du dimanche matin, François-René Duchable joue les musiques qu'appréciait Jean-Louis, en regard du texte qu'il écrivit sur la construction du théâtre de la gare d'Orsay, démonté et remonté au Rond-Point des Champs-Élysées (29/5/11).

Les règles ont-elle changé depuis cette époque ?
— Non, au contraire. Depuis toujours, placement libre, gratuit pour les moins de neuf ans, et entrée immédiate — puisqu'on ne peut pas réserver sa place mais qu'on compose son abonnement à partir d'une carte nominative pour dix ou quinze concerts : comme ça, on vient quand on le désire. Pour les artistes, les conditions financières sont les mêmes : au prorata du nombre d'artistes sur scène et non pas selon la notoriété.

Avec le temps, vos concerts se sont-ils diversifiés ?
— Au contraire, au cours de nos premiers concerts, on pouvait assister à un spectacle de flamenco ou au récital d'un luthiste seul en scène ! C'était bien plus varié. Aujourd'hui, avec notre retour au Théâtre des Champs-Élysées, la salle serait de toute façon trop grande pour ces artistes. Mon attention pour les enfants est toujours soutenue puisque lorsque les parents sont au concert, j'ai créé des ateliers gratuits pour les enfants.

Sur quels artistes pariez-vous aujourd'hui ?
— Le pianiste Bertrand Chamayou, la violoniste Isabelle Faust ainsi que le Quatuor Artemis, que j'essaie d'installer avec une intégrale Beethoven pour compenser ce manque depuis l'arrêt du Quatuor Berg, avec lequel j'ai travaillé pendant vingt-cinq ans.

Propos recueillis par Franck Mallet


Prochains concerts :
■ P.-L. Aimard/A. Brendel, le 10/10
■ P.-L. Aimard, le 15/10
■ Le Quatuor Artemis, le 17/10
■ S. Yoncheva/D. Guillou/La Grande Écurie et la Chambre du Roy/J.-C. Malgloire, le 24/10

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