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Le Festival des tons voisins d'Albi

Pour sa quatrième édition, le Festival des tons voisins d'Albi rend hommage à trois illustres compositeurs : Frédéric Chopin, Robert Schumann, et Alexandre Tansman. Organisée par le pianiste Denis Pascal, cette programmation donnera lieu à quatre journées de commémoration musicale, du 30 juin au 3 juillet 2010.

PAR Pierre-Carl Langlais | SUR SCÈNE | 3 mai 2010
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Fondées en 2007 par le pianiste Denis Pascal, les Rencontres internationales de musique de chambre d’Albi sont qualifiées de « Festival des tons voisins ». A quoi tient ce surprenant surnom ? A un parallèle entre notion musicologique, et visée esthétique, que les organisateurs du festival explicitent fort clairement. Sont dites voisines les tonalités « possédant un nombre suffisant d’accords communs pour que le passage de l’une à l’autre puisse s’effectuer sans heurts... ». Dans ce contexte « les Tons voisins, c’est aussi la description de la communauté immédiate que nous souhaitons créer entre artistes et publics autour de chacun des concerts, l’effacement des frontières. »

L’intitulé de l’édition 2010 du festival a le mérite de la clarté : « Chopin, Tansman, Schumann ». Ces trois mots de deux syllabes définissent un triple hommage.

Sans plus de raison que le plaisir de l’intellect et des sens, le festival consacre le 1er juillet au compositeur polonais Alexandre Tansman. Figure éminente de l’école de Paris, Tansman fut l’un des artiste les plus en vus de l’entre-de-guerre. Lié à Stravinsky, Gandhi et Chaplin (auquel il dédicaça son second concerto), il développa un langage cosmopolite, fusion cohérente d’emprunts multiples aux musiques orientales et au jazz. Presque oubliée après 1945, l’œuvre de Tansman a depuis peu recouvré sa notoriété d’antan. Grâce à l’action positive d’institutions aussi bien intentionnées que le Festival des tons voisins, le public redécouvre progressivement une esthétique qui sut être moderne sans s’avérer complaisante.

Les 2 et 3 juillet accueillent deux « marathons », dédiés aux deux bicentenaires de l’année, et par-là-même à la génération romantique de 1810. Décliné en quatre concerts le marathon Chopin revêt aux yeux de Denis Pascal une importance particulière. Interprète privilégié du compositeur franco-polonais, Denis Pascal a livré en 2006 une lecture remarquée de ses deux concertos pour Polymnie. Depuis le début de l’année, il a multiplié les concerts en l’honneur de l’auteur des préludes, jouant la ballade n°4 à la Folle Journée en janvier, les nocturnes à la Salle Gaveau et la sonate n°2 à Troyes en février. Organisé le lendemain-même, le « Marathon Schumann », permet d’explorer une autre face, plus sombre, du romantisme musical, tiraillée entre convenances sociales (les concerts thématiques dédiés au Biedermeier et au Concertstück) et confession intime (les cycles Création et romantisme et Romances).

Par-delà cette série de commémoration, le festival joue également un rôle social et éthique, fort justement résumé par Denis Pascal : « L'être humain est très perméable aux musiques de manière générale. Mais les spectateurs ont davantage besoin de guides pour découvrir le classique. C'est ce que nous proposons avec ce festival : organiser des concerts vivants dans des quartiers variés, pour susciter l'envie de découverte chez tous les Albigeois. Nous accueillons des mélomanes, mais aussi une population qui n'aurait pas fait la démarche de se rendre dans une salle de concert classique. L'idée est de mélanger les publics ».

Le Festival des Tons voisins d'Albi

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