Kristjan Järvi à la Basilique de St Denis
Dans la famille Järvi de "chefs d'orchestre", le joker se nomme Kristjan, le plus jeune des fils et frère de Paavo. Invité du Festival de Saint-Denis, il propose un programme à sa manière, composé de musique américaine variée. Ne pas manquer ce rendez-vous le 14 juin 2011.
Formé aux Etats-Unis (à la Manhattan School de New York, où il a fondé le New York Absolute Ensemble), il a la réputation de diriger des programmes variés et originaux. Pour preuve, ce concert que l'ex-assistant d'Esa-Pekka Salonen à Los Angeles dirige à l'invitation du Festival de Saint-Denis. Il y propose un regard neuf sur une Amérique bigarrée, dominée par le rythme et les impressions fugaces, associant Gershwin (Rhapsody in Blue) à Duke Ellington (Harlem) et John Adams (Chairman Dances et création française de Doctor Atomic Symphony).
Aujourd'hui, il vit au carrefour de l'Europe, à Vienne, d'où il dirige les principales formations britanniques, germaniques et suisses. Le directeur artistique du Basel Chamber Orchestra est aussi l'un des chefs préférés du Gstaad Festival Orchestra, formation avec laquelle il se produit en France dans Gershwin (Rhapsody in blue) en compagnie de la bouillante pianiste vénézuélienne Gabriela Montero. « J'ai réuni deux partitions très différentes de John Adams », explique-t-il au lendemain d'un concert à Vienne où il dirigeait Sibelius, Wagner et Grieg. « Les Chairman Dances sont quasiment devenues un classique du XXe siècle, et avec Doctor Atomic Symphony, on peut mesurer ce que Adams est devenu : sa science de l'orchestre est phénoménale. C'est fascinant de voir combien le jazz est devenu partie intégrante de la musique américaine, au point que Gershwin et Ellington sont comme du Mozart pour les jazzmen. »
Le jeune chef n'a qu'un seul problème dans la vie : lorsqu'il enregistre un disque — déjà près d'une trentaine —, il doit faire attention, car son père Neeme et son frère Paavo sont déjà à la tête de solides discographies ! Heureusement, avec John Adams, Franz Schmidt, Joe Zawinul, il réussit à éviter la confrontation tout en se distinguant néanmoins dans Haydn et Bernstein, ou ses "frères" estoniens Arvo Pärt et Erkki-Sven Tüür.
Voir le programme complet du Festival de Saint-Denis (7 juin au 5 juillet 2011)
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