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Joyce DiDonato La beauté et la volonté

À ne pas manquer : la radieuse mezzo américaine sur scène à Paris (Palais Garnier) dans La Dame du lac de Rossini ainsi que dans un récital italien (au Théâtre des Champs-Elysées). En sus, un album Rossini à la clé !

PAR Gérard Mannoni | SUR SCÈNE | 9 juin 2010
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Classica

 

JOYCE DIDONATO
sur scène




Du 14 au 30 juin 2010, La Dame du lac au Palais Garnier


le 16 juin, récital avec David Zobel (piano) au Théâtre des Champs-Elysées

CD et DVD "Colbran, The Muse"

Disponible en qualité CD (LossLess)

Voix généreuse dans les vastes phrases du bel canto comme dans ses cascades de vocalises, parfaite maîtrise de la scène, Joyce DiDonato est emblématique des grandes divas du nouveau siècle. Pour cette femme radieuse, enthousiaste, rieuse, le chant est un moyen d'enrichir la vie.

Avant-dernière d'une famille américaine de sept enfants, elle est née dans la musique : "Il y avait deux pianos à la maison. Dès que j'ai pu atteindre un clavier, j'ai commencé à pianoter." Ensuite, le chœur de l'église que papa dirige, puis ceux du collège, du lycée, de l'université, car elle veut enseigner la musique. Là, gros choc en participant à un opéra. La carrière de soliste lui semble égoïste mais son père la convainc qu'une chanteuse donne autant qu'un professeur. Musicienne par nature, il lui manque pourtant la technique. "Pendant deux ans, j'ai fait fausse route. Admise alors dans un programme d'études très sélectif, j'y ai découvert en trois ans les vraies clés. J'avais déjà vingt-neuf ans, mais après, c'est allé très vite."

En fauteuil roulant

Son appétit musical est insatiable : "J'adore tout ce que ma voix me permet de chanter. Monteverdi, Haendel, Mozart, Rossini, des chansons, des mélodies, et maintenant Bellini et Strauss. Je joue des garçons, des sorcières, des ingénues... c'est infini !" Elle vient d'aborder Octavian du Chevalier à la rose (Strauss) et le Compositeur d'Ariane à Naxos, qu'elle reprendra au Met la saison prochaine : "De vrais héros de théâtre. Je m'identifie vraiment au Compositeur, avec la passion qui l'enferme dans son monde, et Zerbinette qui arrive et bouscule tout. Octavian aussi est passionnant, avec ce fabuleux trio final. Mais partout, c'est la même technique. Seule la musique change."

D'autres projets encore ? "Pas pour l'instant." Et les propositions, souvent extrêmes, de la mise en scène ? "Je suis ouverte à tout, si ça a du sens, et je préserve la liberté du chant. Sinon, je discute pour arriver à un compromis. Quitte à ruser !" Ce côté positif rayonne aussi dans son blog sur la Toile. Rien ne l'abat. Une jambe cassée avant la première du Barbier à Covent Garden ? Elle joue en fauteuil roulant. Et pas question qu'on la pousse : "Contraire à l'esprit de liberté de Rosine : je me suis débrouillée seule !" Un DVD en témoigne.

Sur ses deux jambes, elle sera à Paris l'Elena de La Dame du lac de Rossini tout en se produisant en récital dans un programme italien. En disque sont sortis des airs de Rossini ("Colbran, The Muse". Voir l'encadré), puis plus tard Ercole de Vivaldi, le Stabat Mater de Rossini et Ariodante de Haendel. Mais d'autres rôles hantent-ils ses rêves ? "Violetta, Tosca..." Que ces rêves deviennent réalité !

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