Rock, blues, heavy metal...
Jeff Beck — le plus grand guitariste du monde pour certains — a tout joué. Alors qu’il s’apprête à se produire dans les festivals d’été (à Antibes le 15 juillet), il explique de quelle façon la note bleue a influencé sa musique.
Dans le grand Rock’n’Roll Circus, il est l’homme qui dit non. Non au Festival de Woodstock, en 1969 ; non à Mick Jagger, qui lui propose, en 1999, de devenir un Rolling Stone. Jeff Beck, 65 ans, a souvent manqué ses rendez-vous avec la gloire, mais son talent est incontestable. En 1967, Jimi Hendrix confiait au magazine Rolling Stone : « Beck est le plus grand guitariste de tous les temps. » À cette époque, Beck joue au côté de Jimmy Page, avec les Yardbirds. Peu après, il forme le Jeff Beck Group et invente le heavy metal. Le guitar hero a d’ailleurs tout essayé : rock, blues, electro, jazz... À l’affiche des festivals de jazz de Montréal et de Juan-les-Pins, il raconte ses relations avec la note bleue.
Pourquoi dites-vous que le jazz influence votre jeu depuis les années 1960 ?
— Sur scène, Jimmy Page et moi jouions de longs solos improvisés, en single note [note après note], comme les jazzmen. On partait d’une mélodie pour recréer un nouveau morceau. Les rockeurs de l’époque ne faisaient pas ça. Je me suis toujours vu comme un bricoleur musical, un mécano du son. C’est ainsi que je suis arrivé au heavy metal. Par hasard. Un jour, je me suis trop approché de l’ampli avec ma guitare. Le son s’est retourné contre moi comme un monstre : fort, distordu, dérangeant. Ma première réaction a été d’éteindre l’ampli. Mais ces bruits me fascinaient. Ils évoquaient l’étrangeté de la musique de Charlie Parker et de John Coltrane. J’ai commencé à les utiliser comme des notes, ce qui était difficile, car il fallait les dompter. À l’origine du heavy metal, il y a le jazz, pas le rock !
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