Être fidèle à la musique |  Aide

André Grétry
Le musicien des Lumières brille-t-il ?

Le chouchou de la reine Marie-Antoinette est à l'affiche partout en France, avec trois opéras-comiques : L'Amant jaloux (15 au 21 mars 2010) et Zémire et Azor (16 au 18 mars) à l'Opéra-Comique ; La Fausse Magie à Reims (12 mars) et Rennes (20 au 22 mars) après Metz (5 et 7 mars).

PAR Gérard Mannoni | SUR SCÈNE | 11 mars 2010
Réagir
Classica

Le Mozart français ? C'est aller un peu vite en besogne. Célébré en son temps, couvert d'honneurs, passé entre les orages de la Révolution, mélodiste talentueux mais peu doué pour l'orchestration et pour le drame, auteur d'une œuvre pléthorique toutefois plus divertissante que de portée universelle, André Ernest Modeste Grétry serait plutôt l'inverse de l'infortuné et génial Wolfgang Amadeus.

Né à Liège en 1741, formé auprès des maîtres italiens en vogue — Casali, Piccinni, Martini —, il évolua parmi le gotha du siècle des Lumières. Encensé par Voltaire, Diderot, Grimm et même Rousseau, musicien personnel de Marie-Antoinette, décoré par Napoléon, il écrivit en 1775 avec Marmontel une Fausse Magie dans l'esprit du théâtre italien de Goldoni, que Metz, Reims et Rennes remettent au goût du jour. Grétry collabora aussi avec Sedaine, Favart, Rouget de Lisle et Florian. Il se tourna même vers le siècle passé avec Racine (pour une Andromaque ratée), Molière (pour un Amphitryon pas mieux réussi), ou encore La Fontaine et Perrault. Il laissa aussi des traités sur la musique. Mort en 1813, il eut droit à des obsèques nationales...

Son sens mélodique, une théâtralité simple souvent axée sur le merveilleux, l'instinct du mariage parfait entre langue française et ligne mélodique justifient son nom de "père de l'opéra-comique". Zémire et Azor, brillante féerie farfelue créée en 1771 sur un livret de Marmontel, affichée aujourd'hui par l'Opéra-Comique tout comme L'Amant jaloux ou les fausses apparences, comédie composée pour Marie-Antoinette en 1778, firent le tour de l'Europe des Lumières. Serons-nous aussi enthousiastes ?


L'Amant jaloux à l'Opéra-Comique


 Lire aussi

Moyenne des notes : Notation-onNotation-onNotation-onNotation-onNotation-on

Profil Message

thomasdegledel il y a environ 1 an Notation-onNotation-onNotation-onNotation-onNotation-on

Ce n'est pas le Mozart français... c'est bien trop dévalué son œuvre que suggérer cela.
Ce compositeur liégeois, français d'adoption, a une personnalité propre et une originalité qui pourrait facilement en faire l'égal d'un Mozart, au moins en matière d'art lyrique.


L'Acte III d'Andromaque vaut plus en modernité musicale que tout ce qu'a pu écrire ledit Mozart... assurément pré-berliozien cinquante ans avant. Alors le peu doué en orchestration vous salue bien. Et en ce qui concerne le raté, nous n'avons sans doute pas écouté la même chose au TCE... Si les mélomanes de l'époque préférait l'austérité, l'ascèse musicale et l'énergie de Gluck, ça ne veut pas dire que ce qui n'a pas marché était mauvais, bien au contraire.

Céphale et Procris vaut bien aussi les meilleurs Mozart, et les récitatifs sont renversants. Le Mercure de France avait tout saisi à leur propos : « si vrai, si facile, si naturel, si analogue à l'accent de la langue, qu'il semble n'être que la parole embellie, anoblie et plus sensible encore que la simple déclamation » ; récitatifs qui n'étaient d'ailleurs par le fort de notre bien-aimé Mozart, qui compensait heureusement par d'autres qualités hautement admirables.

Enfin, l'Amant jaloux, ça vaut largement la Flûte, et ça a le mérite d'être plus court et moins lassant.


Alors, on se refuge toujours derrière le mythe de Mozart ?

thomasdegledel

3 messages

À découvrir autour de l'article

À lire sur André Ernest Modeste Grétry

À lire dans la rubrique Classique

Fil d'actualités