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James Galway
Le flûtiste enchanté

Classica

Par Pascal Gresset | CLASSICA | RENCONTRES | 23 novembre 2009
 

Plus de 30 millions de disques vendus : star dans le monde anglo-saxon, bien moins connu en France, James Galway fête ses 70 ans.



Vous êtes flûtiste depuis près de soixante ans. Quel est le secret de votre longévité ?
— Je ne suis pas un "animal" comme les autres ! Je n’ai jamais cessé de m’exercer partout où j’étais, et je ne m’entraîne ni ne joue comme les autres. Certains, un Premier prix en poche, s’endorment sur leurs lauriers. Après vingt ans d’orchestre, d’autres ont cessé de faire leurs gammes. Moi, je ne cesse de rechercher la meilleure sonorité en m’exerçant, à partir de la gamme la plus simple, à trouver la place de chaque note, de chaque intervalle. Celle-ci repérée, la note concernée m’apparaît dans les œuvres comme une bonne amie.

Quel compositeur occupe pour vous la première place ?
— Mes goûts ont évolué, mais Beethoven reste mon préféré — ses symphonies ou ses derniers quatuors.

L’interprétation baroque sur instruments d’époque ?
« Préférez-vous une version jouée selon les règles ou avec le cœur ? Beaucoup de versions m’ennuient et, à près de soixante-dix ans, je n’ai plus envie de m’ennuyer en écoutant de la musique.
 »


Quel répertoire pensez-vous avoir le plus fait connaître ?
— Difficile à dire... Je dirais Mozart, Les Quatre Saisons ou l’Opus 10 de Vivaldi, les trois concertos de Mercadante, les sonates de Bach.

Parmi les œuvres écrites pour vous, lesquelles vous semblent les plus marquantes ?
— Les concertos de Jindrich Feld, David Heath, Lowell Lieberman, Lorin Maazel, George Nicholson, David Amram, William Bolcom ou la Fantaisie Pied Piper de John Corigliano, que j’aime tant jouer. Quant à Rodrigo, je pensais qu’il écrirait dans le style du Concerto d’Aranjuez, mais le Concerto pastoral qu’il m’a dédié est d’une incroyable difficulté.

Vous avez grandement contribué à l’éclosion du crossover : comment y êtes-vous venu ?
— Jeune, à Belfast, je jouais d’oreille aussi bien des airs irlandais que tout ce que j’entendais à la radio, de La Traviata aux chansons de Bing Crosby. Placido Domingo, Luciano Pavarotti, Kiri Te Kanawa et tous les grands chanteurs ont gravé des disques de crossover. On y vient de manière très simple, parce que cela nous convient, en apportant à une chanson de John Denver le même soin qu’à la musique d’Henry Mancini ou à un adagio de Beethoven, en jouant avec la même conviction.

Que pensez-vous de l’interprétation baroque sur instruments d’époque ?
— Nombre de musiciens se cachent derrière des règles. Mais préférez-vous une version jouée selon les règles ou avec le cœur ? Beaucoup de versions m’ennuient et, à près de soixante-dix ans, je n’ai plus envie de m’ennuyer en écoutant de la musique.


Propos recueillis par Pascal Gresset

 

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