Diego Fasolis
"Il faut savoir se spécialiser"
Primé dans notre écoute en aveugle consacrée à la Suite pour orchestre n° 3 de Bach, le chef Diego Fasolis est encore peu connu. À tort.
Il donnera prochainement deux concerts : le 22 mars au Château de Versailles, et le 24 mars à la Salle Gaveau à Paris.
Lire l'écoute en aveugle consacrée à la Suite en ré de Bach (Classica n° 118 - Déc. 2009 / Janv. 2010)
(Airs d'opéra de Floridante, Tamerlano, Agrippina, Radamisto, Parnasso in Festa, Amadigi, Arianna in Creta, Serse...) avec
Max Emanuel Cencic
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Disponible en qualité CD (LossLess)
Diego Fasolis sera en concert dans un programme Haendel avec son ensemble I Barocchisti et le contreténor Max Emanuel Cencic :
■ 22 mars (21h) à la Galerie des Glaces du Château de Versailles
■ 24 mars (20h30) à la Salle Gaveau à Paris
Disponible en qualité CD (LossLess)
Grâce à vos disques enregistrés pour Arts Music puis pour Virgin, on a pu découvrir un interprète zélé et flamboyant du répertoire baroque. Mais il a fallu du temps !
— Je suis né d'un père issu d'une famille de musiciens napolitains et d'une mère suisse. La musique m'a toujours passionné, au désespoir de mes parents qui m'imaginaient plutôt dentiste. J'ai essayé l'enseignement de la musique pour m'assurer une situation stable mais j'ai constaté au bout de deux semaines que ce n'était pas ma vocation. Pendant longtemps j'ai alors donné des récitals d'orgue (j'adore Bach depuis toujours !) tout en briguant un poste de chef de chœur à la Radio Suisse italienne à Lugano, là où travaillait mon père. Si mes premiers pas m'ont mené vers le répertoire romantique, j'ai croisé les Sonatori della Gioiosa Marca, avec qui jouait le violoniste Giuliano Carmignola, et Il Giardino Armonico qui venait enregistrer à Lugano. J'ai participé à quelques concerts Vivaldi en leur compagnie.
Vous avez alors fondé votre propre ensemble I Barocchisti. Comment fonctionne-t-il ?
— De façon totalement privée, géré par mon épouse et moi-même. L'agenda des concerts dépend donc des finances, même si la Radio prend en charge les frais fixes du chœur. Mais ce mode me convient parfaitement. Je n'aime pas bouger, j'aime avoir du temps pour travailler et pouvoir choisir mes collaborateurs, des amis musiciens. Ce n'est pas trop dans l'air du temps, je le sais bien.
Vos interprétations enthousiasment par leur spontanéité, leur élan, leur générosité. Comment travaillez-vous ?
— Je tiens compte de l'aspect psychologique du travail de répétition. Les musiciens doivent se sentir bien. C'est fondamental. Plus que la direction d'orchestre qui s'apprend en un mois. Le chef doit être sûr de lui. S'il a peur, il se réfugiera derrière son autorité. La musique ne peut pas s'accomplir ainsi. Mon travail consiste à coordonner les artistes, à canaliser les énergies, à comprendre la pulsation pour se mettre au service du texte. J'ai toujours été fasciné par la manière avec laquelle Gustav Leonhardt obtenait d'un chœur les mêmes inflexions et articulations que d'un clavecin.
Votre enregistrement de Faramondo de Haendel publié par Virgin a fait l'unanimité. Vos Bach sont également très appréciés. Quelles sont les limites de votre répertoire ?
— J'ai un problème avec la musique française car je n'ai pas assez pratiqué la danse ! Avec I Barocchisti, nous pouvons jouer La Flûte enchantée de Mozart et nous projetons même les symphonies de Beethoven. Mais il faut savoir se spécialiser : on ne peut pas tout jouer sans risque. Tous nos programmes, une grosse quinzaine par an, sont captés par la Radio suisse. Certains peuvent faire l'objet de parutions discographiques. Pour le moment, je me suis engagé dans un projet fou d'une intégrale de la musique de Palestrina, un compositeur absolument fantastique, justifiée par une nouvelle édition parue en 2000 en Italie. Le premier volume va paraître très bientôt. Il devrait y en avoir une trentaine !
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