Anne Consigny
Si vous étiez...
Des débuts chez Manoel de Oliveira dans les années 1980, vingt ans d'éclipse et un retour à cent à l'heure depuis cinq ans. La carrière d'Anne Consigny, à l'affiche de la très sympathique Première Etoile (film de Lucien Jean-Baptiste actuellement sur les écrans), ne ressemble à nulle autre. Ça tombe bien, elle non plus...
Si vous étiez... Un livre
— La Grande Vie, l'histoire d'amour entre un homme et son bateau. Une œuvre magnifique, et pas seulement parce que c'est mon frère, Thierry Consigny, qui l'a écrite.
Un vêtement qui rend beau
— Un regard aimant.
Un gros défaut
— Froussarde. J'avance, mais toujours la peur au ventre. Depuis quelques années, je ne suis plus obligée de passer des castings pour obtenir un rôle, et pourtant chaque « Moteur ! », chaque lever de rideau est source d'une terrible angoisse. Quand je jouais La Preuve au théâtre, je me disais chaque soir, pour me donner du courage, que Spielberg était dans la salle.
Un autre métier
— Avocate ou marchande de glaces. Parce que j'adore les histoires des autres... et les glaces !
Une autre nationalité
— Américaine. Pour l'accent. Je parle anglais, mal, hélas, mais je trouve magique de se réinventer dans une autre langue. C'est étrange, mais j'ai remarqué qu'un acteur français est toujours meilleur et plus séduisant lorsqu'il joue dans la langue de Shakespeare. Prenez Vincent Lindon dans le film Welcome : il est formidable !
Un contemporain du sexe opposé
— Obama, bien sûr. Même si je préférerais de loin être dans la peau de sa femme.
Une rencontre
— C'est un secret. S'il lit cet article, il se reconnaîtra.
Le parfum d'un être aimé
— Le sien.
Un grigri
— Je ne connais pas un comédien qui ne reproduise, chaque soir, le même rituel avant d'entrer en scène. Moi, j'arrive tôt, je discute, je mange des pâtes, je me lave les cheveux. J'ai besoin d'un processus lent et d'une grande normalité pour pouvoir basculer dans le vide. La superstition est présente aussi dans mon quotidien. Impossible à ma table de verser de l'eau ou du vin à l'envers. Et j'interdis à mes enfants de jouer aux jeux de hasard. Je crois que c'est la chance qui doit venir vers vous, jamais l'inverse.
Une escapade en amoureux
— N'importe où. J'aime partir à deux, au pif. C'est là que les lieux prennent toute leur magie.
Le seul objet sur une île déserte
— Mon ordinateur. Je ne me sens jamais seule quand il m'accompagne. Pour classer des photos, bidouiller des petits films, écrire. En ce moment, je mets la dernière main à un premier roman. Mais je préfère ne pas trop en dire. Je vous l'ai dit : je suis superstitieuse.
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