Les meilleures prises de son (février 2012)
Philippe Venturini revient sur des disques critiqués dans le numéro précédent et remarqués pour la qualité de leur enregistrement. Au tableau d'honneur, les labels RCO Live, Alpha, Aeon et Naïve.
DIMITRI CHOSTAKOVITCH
Symphonie n° 15
Orchestre Royal du Concertgebouw d'Amsterdam, direction Bernard Haitink
Cette captation publique installe l'auditeur dans la fameuse salle amstellodamoise et lui permet d'apprécier son acoustique particulière. Si la proximité des microphones en atténue la réverbération naturelle, elle conserve heureusement sa profondeur. La disposition des pupitres, notamment des cuivres et des percussions, se devine alors sans peine et contribue à créer un vaste espace dans lequel resplendissent les timbres corsés de l'orchestre du Concergebouw. Le concert à domicile.
GABRIEL FAURÉ
Intégrale de la musique de chambre avec piano
François Salque (violoncelle) - Paul Meyer (clarinette) - Eric Le Sage (piano)
Le violoncelle semble capté d'un peu plus près que le piano mais les deux instruments s'équilibrent très bien dans une acoustique de salle, celle de la MC2 de Grenoble, qui reste perceptible et les enveloppe sans les voiler. Dans le Trio op.120, la clarinette se joint au duo sans en perturber l'harmonie. Le son reste riche et détaillé, jamais aseptisé.
ANNE-CATHERINE GILLET (soprano)
Œuvres de Barber, Berlioz et Britten
Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction Paul Daniel
Dans un tel programme, l'ingénieur du son doit jouer les acrobates. Il ne peut en effet laisser le chanteur dans son environnement orchestral naturel, celui du concert, sous peine de parfois le perdre. Il doit alors lui réserver un microphone qui restera discret et évitera les gros plans disgracieux. Aline Blondiau a réussi à cerner avec finesse les reliefs et les couleurs de l'orchestre liégeois sur lesquels se superpose sans s'y dissoudre la voix d'Anne-Catherine Gillet.
NIKOLAÏ LUGANSKY (piano)
Récital Liszt
Les mélomanes qui souffrent d'entendre en concert comme au disque des pianos aux aigus saillants et aux reflets de célesta apprécieront ce disque. Enfin un piano moderne qui ne claque pas et qui ne martèle pas les tympans ! Nikolaï Lugansky sait faire sonner son instrument et travailler le son. Nicolas Bartholomée l'a installé dans une acoustique favorable et lui a prêté une oreille aussi attentive que complice. Du piano on entend ainsi davantage le bois que le métal. Un régal.
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