• Être fidèle à la musique | 

Variations sur Chopin

Le compositeur sera plus que jamais à l'honneur en 2010, à l'occasion du bicentenaire de sa naissance. Un hommage qui débute en fanfare avec La Folle Journée de Nantes (27 au 31 janvier 2010). Le moment de faire le point sur un artiste aussi célèbre que méconnu.

PAR Bertrand Dermoncourt | PORTRAITS | 29 janvier 2010
Réagir
L'Express





ON LE SAIT...

Frédéric Chopin est polonais.
Fryderyk Franciszek Chopin le 1er mars 1810, à Zelazowa Wola. Jeune prodige du piano, il passe son enfance à Varsovie et apprend la musique avec sa mère, avant de se perfectionner au conservatoire. En troisième année, il est déjà qualifié de "génie musical". Il débute la composition à 6 ans, puis écrit, notamment, une Fantaisie sur des airs polonais, des Mazurkas ou des Polonaises inspirées par les danses de son pays. En 1830, il quitte la Pologne pour un voyage d'étude à Paris. Il ne reverra jamais sa terre natale.

Il est devenu français.
Adopté par sa seconde patrie, il mène grand train à Paris, joue salle Pleyel, donne des cours aux jeunes filles de la bonne société et engage des amours tumultueuses avec George Sand. La fin de sa courte vie est assombrie par la maladie. Chopin meurt en 1849 à son domicile parisien, place Vendôme, à seulement 39 ans.

Il fut très populaire.
À la mort de son ami, Franz Liszt écrivait : "Quelle que soit la popularité d'une partie de ses productions, il est néanmoins à présumer que la postérité aura pour ses ouvrages une estime moins frivole que celle qui leur est encore accordée." Aujourd'hui encore, quelques Préludes, Valses ou Etudes assurent seuls la popularité du compositeur, comme la fameuse étude Tristesse, reprise par Gainsbourg dans Lemon Incest — les auditeurs de Radio Classique viennent de la désigner comme leur morceau préféré aux Elections du piano. Mais l'ensemble du corpus de Chopin, de niveau très égal, est à redécouvrir, des grands chefs-d'œuvre, comme les Ballades, à sa musique de chambre, tels la Sonate pour violoncelle ou le Trio.

ON LE SAIT MOINS... Chopin est un classique.
Dans l'imaginaire collectif, il symbolise le romantisme. Son existence y a grandement contribué : un patriotisme contrarié par les soubresauts de l'Histoire, une nature discrète et insatisfaite, une souffrance due à la tuberculose et aux blessures de l'âme... Tout y est. Comme compositeur cependant, Chopin vénérait les anciens, Bach et Mozart, plutôt que ses contemporains Beethoven ou Schubert. Par bien des aspects, son art était plus classique que romantique.

Il fut un pianiste révolutionnaire.
Chopin, musicien mièvre pour jeunes filles en fleur ? Un cliché tenace que seuls de mauvais interprètes ont pu perpétuer. Plus qu'un improvisateur ténébreux, Chopin était avant tout le champion de l'exactitude, auteur de partitions extrêmement précises. Ses contemporains célébraient également la richesse expressive de son jeu au piano. Il faut dire que ses œuvres inaugurent un nouveau rapport avec l'instrument : avec Chopin, le piano lui-même devient la principale source d'inspiration.

Il pourrait entrer au Panthéon.
Les funérailles de Chopin ont été célébrées à Paris, en l'église de la Madeleine, et son corps inhumé au cimetière du Père-Lachaise. Selon les désirs du défunt, son cœur repose à Varsovie, en l'église de la Sainte-Croix. Alain Duault, commissaire général du bicentenaire Chopin, propose de faire entrer le musicien au Panthéon. Car s'il est bien le symbole de "l'âme polonaise", il est en partie d'origine française (sa mère est polonaise, mais son père est français). Romantique ou classique ? Polonais ou Français ? Européen avant tout !

 Lire aussi

Votre avis

À découvrir autour de l'article

Fil d'actualités

Tous les Qobuz Studio Masters en promotion pendant 6 jours !

Jazz : Cap au Nord

Jusqu'au 30 juin, recevez un chèque remise de 25% pour tout achat de 25€ sur le label Naxos

Inscrivez-vous à nos newsletters