Chopin (I)
L'enfant, le jeune homme
Suivre la vie de Chopin, les chemins de son apprentissage, les détours de ce qui l'a créé, comme homme et comme artiste..., c'est ce que fera Classica tout au long de cette année anniversaire.
Premier épisode de notre feuilleton, narré par Alain Duault.
PAR Alain Duault |
PORTRAITS |
9 février 2010
Portrait de Chopin en 1829, à l’âge de 19 ans, par Ambroise Miroszewski. L’année suivante, le compositeur quittera la Pologne pour ne plus y revenir.
Né à Zelazowa Wola, près de Varsovie, le 1er mars 1810, Chopin passe son enfance dans la capitale polonaise. Il y découvre la musique.
Si Chopin est sensible au charme des jeunes princesses, comme il l'est à l'époque à celui de nombre de jeunes filles — c'est un garçon de dix-neuf ans, à la sensualité exacerbée, aux élans romantiques désordonnés (il exprime de la même façon son affection avec des manifestations excessives qui parfois gênent son cher ami Tytus Wojciechowski
À la même époque, Chopin compose deux autres Valses, en si mineur et en mi majeur, qui montrent une maîtrise et un renouvellement de ces petites pièces de salon devenues là des miniatures lyriques pleines d'émotions multiples.
Enfin, à la fin 1829, Chopin termine son Concerto pour piano en fa mineur — celui qu'on désigne maintenant comme son Concerto n° 2 (car il a été publié après celui qui sera, en fait, son second concerto). C'est une œuvre qu'il a voulue, qu'il a mûrie, et même si elle se rattache encore au style "brillant", celui de Hummel, de Moscheles ou de Ries, elle n'en offre pas moins une profonde originalité, caractéristique déjà de ce que sera le style de Chopin. Avec par exemple l'accentuation délibérément lyrique des différentes fioritures et autres éléments décoratifs de l'écriture pianistique, virtuose quand il le faut, mais jamais gratuitement, introduisant une émotion très expressive dans la ligne. Et puis il y a cette pureté mélodique du dessin de chaque thème, en particulier la cantilène devenue un vrai chant poétique du "Larghetto", cette délicate lettre d'amour secrète adressée à Constance Gladowska, qui constitue le joyau, le cœur émotionnel du concerto, et comme son centre de gravité.
Cinq jours plus tard, à la demande générale, il rejoue son concerto, mais cette fois sur un grand piano de concert à la sonorité généreuse : le triomphe est encore plus grand. Et quand il joue ensuite son Krakowiak, c'est du délire dans la salle. La presse est au diapason : on loue son jeu "phénoménal" tout autant que son talent de compositeur, salué comme celui d'un "nouveau Mozart". On publie même un "Sonnet à Frédéric Chopin jouant le Concerto pour piano". C'est un héros que Varsovie acclame. Il a vingt ans.
(À suivre)
Ces extraits proviennent du Chopin d'Alain Duault
paru chez Actes Sud en 2004.
paru chez Actes Sud en 2004.
par Hélène Grimaud
Pour la pianiste Hélène Grimaud, impossible d'évoquer Chopin sans le pianiste Alfred Cortot, "mémoire" du compositeur selon elle.
« "Cortot avait l'art de dégager le mystère de ce qu'il jouait et de le communiquer ; il savait trouver le secret de chaque œuvre", avouait Samson François à la mort de son maître, en 1962...
Extrait de la préface d'Hélène Grimaud
au livre d'Alfred Cortot Aspects de Chopin (Albin Michel)
au livre d'Alfred Cortot Aspects de Chopin (Albin Michel)
10 récitals gratuits
15 heures de musique romantique
Samedi 27 février 2010 au Tarmac à Châteauroux
Dimanche 28 février 2010 à la Salle Pleyel à Paris
À découvrir autour de l'article
À lire sur Frédéric Chopin
-
Frédéric Chopin Fantaisie, op.49 - Nocturne, op.27/2 - Sonate, op.35 - Barcarolle, op.60 - Valses op.34/3, op.34/2, op.64/2. op.64/1 - Berceuse - Polonaise, op.53
-
Frédéric Chopin Concertos pour piano et orchestre n°1 & n°2
-
Les sculptures de Claudio Arrau
-
L’Art de Chopin sur Arte
À lire dans la rubrique Classique
Fil d'actualités
-
14:07
-
00:05
-
hier
-
hierQobuz | Sauguet et le théâtre (4)
-
hier
-
hierQobuz | Un Cosma symphonique au Châtelet
-
hier
-
hier
-
hierL'Express Styles | Le dancefloor mélancolique de We Have Band
-
hierL'Express Styles | Les "Old Ideas" de Leonard Cohen, le gentleman chanteur
-
mer.
-
mer.L'Express Styles | Embarquement immédiat en Limousine
-
mer.
-
mer.
-
mer.
-
mer.
-
mer.
-
mar.
-
mar.
-
mar.
-
mar.
-
mar.
-
lun.Qobuz | Les Mosaïques vont aux Champs
-
lun.Qobuz | Petrenko: musique russe à Pleyel
-
lun.Qobuz | Paavo Berglund est mort
-
lun.Qobuz | QIBUZ / Lundi 30 janvier 2012
-
lun.Qobuz | Voix sans parole
-
dim.
-
dim.
-
dim.Qobuz | Mini tests : 6 casques Hi-Fi


…Et d’autant, l’intemporel, a l’aisance d’apporter avec ce sens aigu de la Mémoire, au fil des siècles, l’écho magique d’une résonance lointaine, délivrée un vieux soir de mai, endormie pendant la nuit d’un rude hiver mais déjà présente, dans les lueurs d’une aube naissante en juillet, avec son impérissable renouvellement Ainsi, l’œuvre et l’âme sont immortelle, la Mémoire et son au-delà. Le corps seul est destiné au trépas ; l’œuvre peint l’âme de passage et le cœur du jour poursuit l’œuvre d’avantage...
Nous devrions mettre un soupçon de vos mots dans la définition du mot Mémoire… La mère des Muses ! Comme toujours, Melle Grimaud, votre qualité expressive à ce don de poétiser, avec votre cœur, ce que le vulgaire du seul mot usité à la capacité de fané !