Ce soir en direct de Berlin : Stravinsky, Scriabine et le trop rare Rudi Stephan

Ce soir vendredi 21 décembre, le Philharmonique de Berlin rend hommage en direct à Rudi Stephan, compositeur ultra-prometteur très jeune tombé au front en 1915, ainsi qu'à ses quasi contemporains Stravinsky et Scriabine

PAR Berlingot | Orchestre Philharmonique de Berlin | 21 décembre 2012
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Pauvre Rudi Stephan… ce malheureux compositeur est vraiment mort deux fois. Une première lors de la Première guerre mondiale, lorsqu’une balle vint le faucher à l’âge de 28 ans au front de Galicie en septembre 1915 ; une seconde fois lors de la Seconde guerre mondiale, lorsque les bombes virent détruire tous ses manuscrits inédits conservés à Worms en février 1945. Il ne nous reste donc de ce compositeur que la microscopique poignée de pièces éditées par Schott avant 1915 : un opéra, une quinzaine de Lieder, quautre pièces orchestrales, et deux ou trois morceaux de musique de chambre. Eh oui : tout jeune qu’il était, ses œuvres étaient jouées à travers l’Allemagne et publiées chez l’un des grands majors de l’édition musicale, preuve qu’on le tenait en très haute estime. A la jonction entre l’ultime romantisme et le modernisme naissant, ses œuvres présentent une personnalité impérieuse, puissante, révolutionnaire, qui se serait sans aucun doute possible développée jusqu’à ce que Stephan devienne l’un des principaux compositeurs mondiaux de son époque. Ce qu’il a achevé avant l’âge de 25 ans est réellement époustouflant… quelle misère…

Ses deux œuvres : Musique pour violon et orchestre et Musique pour orchestre en un mouvement (il en existe deux sous le même titre l’une de 1910, l’autre de 1912, le site du Philharmonique de Berlin ne précise pas de laquelle il s’agit ; ce sera la surprise en direct vendredi soir dans la Salle de concerts numérique), sont entourées d’œuvres de Stravinsky et Scriabine.

Stravinsky d’abord avec la Symphonie des Psaumes de 1930, dans un langage résolument anti-romantique, que Stephan aurait pu embrasser lui-même s’il avait vécu. Le concert s’achève en beauté et avec infiniment d’éclat avec le monstrueux Poème de l’extase de Scriabine (1908, la même époque donc que les pièces de Stephan), l’une des œuvres les plus clairement pornographiques du répertoire symphonique. Stephan lui-même n’avait pas hésité, avec son « Mystère érotique » de 1915 Die ersten Menschen, à aborder une atmosphère similaire de foisonnante déliquescence musicale, tout à fait extraordinaire.

L'extase selon Bernini, 1652 : Thérèse d'Avila transverbérée... tout un poème !

Rudi Stephan : un compositeur à découvrir d’urgence : le Philharmonique de Berlin n’a pas hésité, lui, pourquoi hésiterait-on encore ? Concert en direct de Berlin par la Salle de concerts numérique, vendredi 21 décembre, 20h.

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