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Vladimir Ashkenazy
Discoportrait

Pianiste ou chef ? Les deux, comme l'atteste l'immense discographie de Vladimir Ashkenazy.

PAR Francis Drésel | LE DISCOPORTRAIT | 1 mai 2010
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Classica

 

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En cette année du bicentenaire Chopin reparaît la somptueuse intégrale des œuvres pour piano seul réalisée par Vladimir Ashkenazy entre 1974 et 1984 (13 CD Decca 478 2282). Deuxième Prix du concours Chopin de Varsovie en 1955, le prodige de dix-huit ans originaire de Gorki allait vite s'imposer en studio, précisément avec Chopin, à commencer par de ravageuses Études dès 1959 (Melodiya), suivies de deux de ses premiers disques pour Decca, son éditeur quasi exclusif durant une quarantaine d'années : les 4 Ballades en 1964 et les 4 Scherzos en 1967, pleins de mystère et d'engagement. Ashkenazy est revenu à Chopin en 1992 pour regraver la 3e Sonate et les Préludes, ses ultimes pages (Barcarolle, etc.) et aborder enfin son Concerto n° 1 comme pianiste et chef.

Vladimir Ashkenazy s'est tourné vers la direction d'orchestre afin de diriger du clavier les Concertos pour piano de Mozart. Il allait édifier une intégrale de toute beauté avec la complicité du Philharmonia entre 1977 et 1987 (Decca), sa parfaite assimilation du rayonnement mozartien se confirmant lors d'un "live" d'octobre 2003 avec l'Orchestre de Padoue et Vénétie (17e et 20e Concertos, chez Exton).

Il est un autre univers où l'on n'attendait pas forcément Ashkenazy : Bach. Mais quarante ans après un juvénile Concerto BWV 1052 (1965, Zinman), il signait sans nul doute le plus convaincant Clavier bien tempéré récent sur piano ! Le répertoire germanique lui sied à merveille, qu'il s'agisse de Brahms avec ses deux concertos magnifiés par Haitink, de Schumann, avec une anthologie quelque peu contrariée par une prise de son privilégiant le brio au détriment des couleurs, ou de Schubert, les Sonates D 664, D 784, D 894 et D 850 gravées entre 1966 et 1975 atteignant des sommets que n'ont pas rejoints ses gravures ultérieures.

Beethoven a permis d'apprécier son duo avec Itzhak Perlman, tandis que ses cycles successifs des cinq concertos — avec Solti, Mehta et... lui-même — sont supplantés par une vidéo de la BBC en 1974, Haitink dirigeant le Philharmonique de Londres (DVD Decca), et de magistrales Variations Diabelli pour lesquelles Ashkenazy a attendu son 70e anniversaire...

Un chef en permanente évolution

En revanche, les Symphonies de Beethoven (Exton) comme celles de Brahms (Cleveland) lui ont résisté, à l'inverse de celles de Mendelssohn ou des Poèmes symphoniques de Strauss (Decca puis Exton) !

En matière symphonique, Ashkenazy s'est illustré au début des années 1980 avec un cycle Sibelius (Philharmonia, Decca), dépassé cependant par son propre réenregistrement de la Symphonie n° 2 à Boston en 1992 comme de l'intégrale à Stockholm (2006-2007, Exton). C'est Rachmaninov qui lui a apporté la consécration comme chef par un cycle de référence au Concertgebouw.

Qu'il soit soliste (dès 1963, pour ses premières gravures des 2e et 3e Concertos) ou au pupitre (avec Thibaudet ou Grimaud au piano), Ashkenazy s'est fait le champion de Rachmaninov ainsi que de bon nombre de compositeurs russes. Il a enregistré ainsi Tchaïkovski (du 1er Concerto avec Maazel en 1963 à une intégrale symphonique à Tokyo), Stravinsky, Scriabine, Prokofiev et Chostakovitch.

Inégal, son cycle Chostakovitch, réparti en plusieurs orchestres de 1987 à 2006, témoigne d'une évolution confirmée par la regravure, en public en 2001, de la 5e Symphonie (Signum).

À la tête du Symphonique de Sydney, dont il est chef principal depuis l'an dernier, Ashkenazy ne cesse d'approfondir ses conceptions (Rachmaninov) tout en élargissant son répertoire, par exemple aux trois symphonies d'Elgar (Exton).

Retrouvez les Discoportraits
chaque soir à 21h sur Radio Classique

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