Eugen Jochum Discoportrait
Un brucknérien au service d'un vaste répertoire.
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avec Hambourg et Radio Bavaroise
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avec le Concertgebouw (Philips)
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Brahms : Intégrale des Symphonies
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Jamais vraiment "star", quelque peu occulté d'abord par l'aura de Furtwängler — qu'il admirait tant ! — puis par les fastes de Karajan, ce très grand chef était profondément enraciné dans l'Allemagne catholique du Sud, au sein d'une famille de musiciens. Considérable, son héritage discographique reflète certes ses "spécialités" plus que la diversité d'un répertoire s'étendant des fondateurs de la musique polyphonique (Lassus et Pérotin !) à nombre de ses contemporains germaniques tels Carl Orff ou Hindemith.
Mais quand on évoque Eugen Jochum (1902-1987), on pense nécessairement à Bruckner, dont il a passionnément servi les symphonies comme la musique sacrée (DG. Voir l'encadré). Dès 1926, il choisit la Symphonie n° 7 pour un concert décisif, à Munich, et ses premières gravures brucknériennes remontent aux années 1930, pour Telefunken. Début 1949, surtout, Jochum réalise avec le Philharmonique de Hambourg un enregistrement légendaire de la Symphonie n° 8 et, premier chef attitré de l'Orchestre symphonique de la Radio bavaroise, donne cinq ans après seulement une version insurpassée de la Symphonie n° 9 (DG. Voir l'encadré). C'est avec cet orchestre munichois, alternant avec le Philharmonique de Berlin, que Jochum boucle sa première intégrale Bruckner pour DG, entre 1958 et 1967 (voir l'encadré). Elle sera suivie d'une seconde, homogène avec la Staatskapelle de Dresde, de 1975 à 1980 (EMI), parfois injustement décriée et reprise en coffret par Brilliant Classics. Une aubaine qui ne dispense pas de rechercher deux Cinquième d'exception, en public avec l'Orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam (1964, Philips [voir l'encadré], et 1986, Tahra).
LES AUTRES "B" DE LA MUSIQUE ALLEMANDE
C'est également avec la prestigieuse formation amstellodamoise (qu'il dirigea pour la première fois dès 1941 et dont il fut codirecteur aux côtés du jeune Bernard Haitink) que Jochum a enregistré la deuxième de ses trois intégrales des neuf symphonies de Beethoven à la fin des années 1960 (Philips). On peut lui comparer l'énergie de son cycle des années 1950 (Radio bavaroise/Philharmonique de Berlin, DG) ou le (très) relatif détachement de son troisième, avec le Symphonique de Londres 1976-1978 (EMI, à rééditer), mais il faut avant tout écouter une Cinquième prodigieuse de concentration en mai 1951 avec Berlin (Philips [voir l'encadré], Tahra) !
À Londres aussi, Jochum a trouvé une véritable jovialité pour graver avec le Philharmonique les Symphonies... "Londoniennes" de Haydn en 1971-1973 (DG. Voir l'encadré). Avec Londres, il a encore réussi une intégrale des symphonies de Brahms (1976, EMI. Voir l'encadré) aussi magistrale que celles gravées à Berlin au début des années 1950 (DG. Voir l'encadré), sans oublier ses références en matière de concertos du même compositeur (pour piano avec Emil Guilels ou pour violon avec Nathan Milstein en 1974, DG ! (voir l'encadré).
avec Emil Guilels
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avec Nathan Milstein
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Jochum était bien le médiateur des "4 B" de la musique germanique, puisqu'il reste le seul chef de tradition romantique à avoir gravé toutes les grandes fresques sacrées de Bach : Messe en si (deux fois), les deux Passions (dont une Saint Jean indémodable en 1967 à Amsterdam) et l'Oratorio de Noël... Un sentiment liturgique semblable l'animait sans doute quand, tout jeune, il fut persuadé de sa vocation musicale en découvrant Parsifal et Tristan et Isolde — chef lyrique, Jochum dirigea quelque 65 opéras — ou l'Inachevée de Schubert, qu'il dirigea à son tout premier concert... et près d'un demi-siècle plus tard à Boston (janvier 1973, DG).
Réalisés avec le Symphonique de Bamberg, constitué à l'origine par des Allemands revenus de Prague, et consacrés à Beethoven (Ouvertures), Mozart et Richard Strauss, ses ultimes enregistrements témoignent d'une sérénité sans égale.
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