Banc d'essai : lecteur réseau Yamaha NP-S2000

Présenté lors de l'IFA 2010 le lecteur réseau Yamaha NP-S2000 n'est plus vraiment une nouveauté, mais cela peut-il l'empêcher d'être toujours dans la course ? Conçu comme un véritable appareil audiophile, il est en parfaite harmonie avec les électroniques Hi-Fi au design vintage 70' qui ont signé depuis quelques années le retour de Yamaha sur le marché de la Hi-Fi audiophile que le constructeur nippon avait quelque peu négligé au profit du home cinéma.

PAR Philippe Daussin | Bancs d'essai | 21 avril 2012
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Bien que n'ayant jamais totalement déserté la Hi-Fi en proposant aux amateurs des éléments "stéréophoniques", ceux-ci, bien qu'offrant souvent d'excellents qualités musicales, gardaient toujours un aspect "grande diffusion" qui pouvaient faire se détourner d'eux une certaine catégorie d'amateurs exigeants qui savaient cependant ce dont était capable Yamaha qui avait marqué de son sceau la grande période de la Hi-Fi, c'est-à-dire les années 70 et le début des années 80.

Après une intrusion dans l'amplification numérique avec le modèle MX-D1, le véritable retour de la marque dans la Hi-Fi "audiophile" s'est effectuée avec les enceintes Soavo puis les amplificateurs A-S2000 et A-S1000 et les lecteurs de CD-SACD CD-S2000 et CD-S1000, que suivirent d'autres modèles moins ambitieux, complétés par le tuner T-S1000.

Le lecteur réseau NP-S2000, qui est certifié DLNA, vient s'inscrire tout naturellement dans cette gamme d'appareils et, comme ceux-ci, bénéficie d'une conception et d'une qualité de fabrication de premier ordre et bien que ses fonctions soient strictement limitées à du streaming réseau, offre des prestations sonores dans la plus pure lignée de la marque dont "Natural Sound" est la devise.

Présentation

Le NP-S2000, qui présente une élégance indéniable, est disponible en finition noir avec les flancs en bois foncé ou en finition argent avec les flancs en bois clair (comme dans les années 70 où de nombreux coffrets étaient en bois) ou en laque piano noire.

Il se présente avec une façade de faible hauteur dans laquelle prend place un discret afficheur longiligne à la droite duquel on ne trouve que deux touches ("source" et "return") et une molette de navigation, tandis que sur la gauche de la façade, le récepteur de télécommande trouve place à coté de l'interrupteur à levier de mise sous tension, dans la tradition esthétique des années 70, sans oublier le "claquement" typique de ce genre d'interrupteur.

La connectique

Le Yamaha NP-S2000 étant exclusivement un lecteur réseau, sa connectique reste assez limitée. C'est ainsi qu'on ne trouve qu'un connecteur RJ45, deux sorties audio numérique (optique et coaxiale) et des sorties analogiques stéréo, en mode asymétrique sur prises Cinch et en mode symétrique sur prises professionnelles XLR (avec schéma du brochage), pour les amateurs disposant d'un amplificateur disposant d'entrées symétriques.


Un connecteur spécifique permet la maintenance du NP-S2000 ("system connector").


La fabrication

Malgré sa taille fine, le NP-S2000 n'accuse pas moins de 12kg à la pesée ! Ce n'est certes pas sa façade en aluminium anodisé brossé qui entre pour beaucoup dans ce poids, mais son châssis construit pour offrir une excellente rigidité et les deux transformateurs d'alimentation, dont un modèle toroïdal destiné aux étages analogiques.

L'intérieur du boîtier présente trois compartiments, dont celui recevant les circuits analogique (surmonté en partie de la carte de traitement réseau) est totalement isolés des deux autres. Ces compartiments sont réalisés en tôle pliée de 1mm d'épaisseur et sont fixés dans le châssis principal qui fait appel, pour sa part, à de la tôle d'acier pliée de 1,5 mm d'épaisseur.

Les transformateurs prennent place dans le compartiment du milieu afin que leur poids soit réparti au centre de gravité du boîtier, tandis que les circuits d'alimentation se trouvent à l'opposé de la partie analogique.

Un cadre en acier fixé en plusieurs points à l'arrière, à l'avant et au milieu du boîtier vient renforcer la rigidité de celui-ci au niveau des transformateurs.

Les divers torons de fils partant des transformateurs ne serpentent pas à proximité des circuits mais passent sous le châssis principal et sont protégés par une tôle en acier embouti qui est fixée sous le châssis.

Enfin, le capot supérieur est en tôle d'acier de 1mm d'épaisseur et deux flancs en bois garnissent les côtés de l'appareil.

Les alimentations

Alors que de nombreux (petits) lecteurs réseau ou DAC sont alimentés à partir d'un bloc secteur (souvent à découpage), ou à partir d'une alimentation interne elle aussi à découpage, le NP-S2000 voit plus de la moitié de son intérieur occupée par les transformateurs et les alimentations (pour la plupart de type linéaire). On est audiophile ou on ne l'est pas !

On aperçoit en bas au milieu, sous le transformateur toroïdal qui lui est affecté, l'alimentation linéaire transistorisée dédiée aux étages analogiques, avec ses quatre condensateurs de filtrage de 5600 μF/56V, ce qui est plus que sérieux et digne d'un petit amplificateur de puissance ! A noter que les alimentation des voies droite et gauche sont totalement indépendantes, ce qui ne peut qu'améliorer l'effet stéréophonique (meilleure séparation).

A droite se trouve l'alimentation de la partie numérique, elle aussi de type linéaire et qui utilise des régulateurs intégrés délivrant des tensions de +5V, +7V et des tensions symétriques de +12V et -12V (notées +12D et -12D).

Une petite alimentation à découpage, située sur le dernier circuit, alimente les parties gestion et affichage.

Sur la gauche des transformateurs se trouve le circuit où sont montés les différents connecteurs d'interface numérique (RJ45, sorties S/PDIF), ce circuit étant raccordé par fils à un circuit de traitement situé au-dessus de la carte analogique sur laquelle il se fixe via deux connecteurs.

L'interface réseau

Cette interface est architecturée autour d'un circuit à haute intégration Yamaha YTD446C certifié DLNA et un émetteur-récepteur Ethernet IC101A de IC+ Corp.

C'est un émetteur récepteur Burr-Bown DIX9210 qui assure le transfert des signaux vers les convertisseurs situés sur la carte analogique et les convertit au format S/PDIF pour les sorties numériques optiques et coaxiales, ce qui permet éventuellement l'utilisation d'un DAC extérieur pour qui le souhaiterait.

Carte analogique

Cette carte de dimensions importantes comporte dans sa partie gauche des circuits de régulation d'alimentation. On remarque aussi la présence d'un circuit VHC08 (portes logiques) et d'une mémoire EEPROM, probablement destinés à la remise en forme des signaux numériques destinés aux deux convertisseurs PCM1792 (jusqu'à 24 bit à 192 kHz) qui se chargent de la conversion numérique analogique.

Chacun de ces convertisseurs travaille sur un seul canal et ses sorties différentielles en courant permettent de générer directement les signaux analogiques symétriques qui seront disponibles sur les prises XLR de sortie (les prises Cinch ne recevant pour leur part que le signal positif).

La conversion courant tension et le filtrage de ces signaux sont réalisés par de performants amplificateurs opérationnels Analog Devices OP275 et les condensateurs sont des modèles à couche plastique appréciés en audio.

On remarquera aussi que certaines pistes sont doublées de conducteurs en cuivre de section importante afin de présenter une résistance quasi nulle.

Utilisation et écoute

Au niveau de l'utilisation, si l’on s’en tient à l’unique ligne d’information de l’affichage du NP-S2000 (taille fine oblige), la navigation dans les fichiers d’un serveur est un peu fastidieuse. Cependant, Yamaha propose un logiciel à installer sur PC ou Mac facilitant cette tâche et utilisant un navigateur Internet ou encore une application permettant le pilotage du NP-S2000 depuis un iPod, iPhone ou iPad (iOS 4.0 ou plus récent) et aussi avec une tablette sous Android (avec Android OS 2.1 ou plus récent paré pour une connexion WiFi).

Les interfaces de ces applications sont semblables sur un PC et un iPad et assez basiques, et nous avons regretté qu'il n'y ait pas d'indication du débit (cependant la touche "display" de la télécommande permet de visualiser la quantification sur l'afficheur du NP-S2000 mais là aussi, sans le débit).

Quoiqu'il en soit, au niveau de la qualité sonore, on ne peut que se réjouir des prestations du NP-S2000.

Ainsi, à l'écoute d'extrait de musique classique, comme Le Rouet d'Or de Dvorak, par l'Orchestre Philharmonique Tchèque dirigé par Charles Mackerras, le NP-S2000 délivre une image sonore somptueuse, et si le message sonore jouit d'une bonne définition qui ne tombe cependant pas dans l'hyper analyse froide, la restitution se montre d'une grande élégance.

En effet, à l'image des autres appareils de la marque, le NP-S2000 délivre un registre aigu assez fin et aérien (certaines oreilles trouveront qu'il manque de matière), ce que l'on peut constater à l'écoute de la rhapsodie pour orchestre España de Chabrier par Paul Paray à la tête de l'Orchestre Symphonique de Detroit où le tintement du triangle manque d'un rien de présence, tandis que le reste du spectre sonore bénéficie d'une belle tenue avec un registre grave consistant et un médium clair et sans excès.

En écoute au casque avec un amplificateur de réalisation personnel sur schéma Selectronic à deux étages de transistors FET et MOSFET présentant une très grande transparence, la restitution du final du concerto pour violon de Brahms interprétée par Julia Fischer (dans la version Studio Masters en 24 bit à 192 kHz) est superbe de dynamique et d'ampleur et incite à pousser le volume !

En écoute de variété, avec l'un de nos titres préférés, à savoir Vidéo Games de Lana Del Rey, la restitution sonore est de toute beauté, ample et chantante à souhait et la voix de la chanteuse reste toujours parfaitement intelligible et sans trace de dureté, même à fort volume.

En conclusion, le Yamaha NP-S2000 nous a séduits par la beauté de sa restitution sonore (et aussi par son design), avec une petite et agréable marque de personnalité dans l'aigu, et également par l'ampleur de l'image sonore assez impressionnante qu'il délivre. Sa conception et sa fabrication sans concessions sont dignes d'appareils Hi-Fi vendus nettement plus chers et ses capacités de lecture avec des fichiers WAV et FLAC sont très bonnes (dommage que l'AIFF ne soit pas pris en charge), dépassant même celles annoncées par le constructeur qui ne donne sur le manuel que 96kHz comme fréquence d'échantillonnage maximum mais a fait une mise à jour du firmware*. Un très bon lecteur réseau offrant d'excellentes prestations musicales.

Spécifications
Manuel d'utilisation
Contact
Yamaha Audio & Vidéo France

Formats reconnus

Configuration d'écoute :

- amplificateur Micromega AS-400
- enceintes Focal Electra 1028 Be

*Merci à Son-video.com et à DDParis pour l'information de mise à jour du firmware.

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