Banc d'essai : convertisseur PS Audio
PerfectWave DAC Mark ll

Il est assez rare que nous vous présentions des appareils de haut de gamme, aussi ce banc d'essai peut-il être vu comme un événement, et non des moindres, car il se dit que ce convertisseur numérique analogique PerfectWave DAC serait le meilleur du monde ! Nous n'oserions aller jusque là faute d'avoir écouté tous les DAC de la Création, mais le fait est que cet appareil haut de gamme est vraiment exceptionnel à tous points de vue et que son prix, hors option carte réseau, représente déjà une coquette somme.

PAR Philippe Daussin | Bancs d'essai | 18 mars 2012
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La marque américaine PS Audio a dénommé ses appareils PerfectWave, ou l’onde parfaite, et pris comme logo une période de sinusoïde, l’élément de base d’un son que tout système se voulant réellement haute fidélité se doit de maintenir aussi conforme que possible à l’original.

Il apparaît clairement à la visite du site Internet de la marque que les appareils mis au point par PS Audio bénéficient d’une conception et d’une réalisation d’exception l’on pourrait sans complexe comparer à celles d’appareils professionnels.

PS Audio est née en 1973, mais l’importation en France de ses superbes électroniques est toute récente (mi 2011) et leur qualité sonore de premier ordre a déjà conquis les oreilles des audiophiles et mélomanes les plus exigeants de nos contrées. A noter que la marque propose aussi des régénérateurs de courant secteur dont le modèle Power Plant P10 peut délivrer 1250 watts de puissance en continu et 70 ampères en courant instantané, et ceci afin de délivrer le courant le plus pur pour alimenter des appareils audio.

Nous vous proposons de découvrir le PerfectWave DAC, un convertisseur numérique analogique de haut de gamme auquel on peut ajouter une carte PerfectWave Network Bridge (800 €) et disposer ainsi d’un DAC-lecteur réseau.

Ses fonctions sont très évoluées, il permet entre autres de convertir les signaux entrant dans toutes les autres fréquences d’échantillonnage, ou encore de faire intervenir cinq filtres numériques pour modifier le rendu sonore, et aussi d’inverser la phase du signal dans l’hypothèse où un ingénieur du son distrait se serait trompé dans ses manettes. Mais toutes ces fonctions peuvent être ou non activées, les puristes préférant s’en tenir au signal le plus direct possible en oubliant qu’elles existent.


Présentation

La présentation du DAC Mark ll PerfectWave de PS Audio allie classe et grande sobriété et est disponible en finition silver ou gris anthracite. Sa façade s’orne d’un logo de la marque placé dans l’angle gauche du haut de la façade. Ce logo est en fait le bouton de mise en marche et s’illumine lorsque l’appareil est sous tension. La partie droite de cette façade accueille un superbe afficheur couleur tactile avec lequel on pilotera localement ce DAC.

La plaque réalisée dans une sorte d'altuglas noir qui orne la partie supérieure ajoute au luxe de cet appareil mais semble offrir une certaine fragilité (rayures).

La télécommande donne directement accès à toutes les fonctions depuis son fauteuil, ce qui est bien pratique pour comparer instantanément sans quitter sa place d’écoute l’action des différents filtres ou des différentes conversions de fréquence d’échantillonnage (ou les combinaisons des deux !), ou bien encore une même source reliée via différents types de liaison numérique à ce DAC.


La connectique

Le PS Audio PerfectWave offre une connectique qui n’est pas d’une extrême abondance, mais néanmoins largement suffisante pour un grand nombre d’amateurs.

On trouve ainsi pour les signaux numériques, une entrée au standard AES/EBU, deux S/PDIF (coaxiale et optique), une entrée USB de type B pour relier ce DAC à un ordinateur et deux entrées HDMI notées I2S-1 et I2S-2.

Ces entrées HDMI n’acceptent que les signaux approuvés PS Audio et compatibles I2S (page Wikipedia) qui intègrent différents signaux de référence d'horloge numérique pour une meilleure synchronisation, tels que ceux délivrés par la mécanique de lecture (appelé plus communément transport) PerfectWave Transport et qui peuvent être échantillonnés sur 32 bit à 192 kHz. Ce sont les entrées les plus performantes de cet appareil avec l’entrée AES/EBU qui accepte aussi les signaux 32 bit à 192 kHz.

Les signaux audio stéréo sont disponibles en mode asymétrique sur des prises Cinch dorées d’excellente qualité, tandis que des prises au standard professionnel XLR mettent à disposition ces mêmes signaux en mode symétrique.

La fabrication

Le coffret du PerfectWave DAC comporte quatre éléments (les faces avant et arrière et les deux flancs) réalisés en alliage d’aluminium et d'acier injecté, un fond en acier, et un capot supérieur en acier coiffé d’une épaisse plaque faite d’une sorte d'altuglas. C’est une structure assez inhabituelle qui offre une très bonne rigidité et un poids important. On regrettera cependant que l’ensemble repose sur quatre petits pieds en caoutchouc durci, ce qui paraît assez cheap pour un appareil de cette classe et de ce prix.

L’intérieur est très proprement agencé, la partie DAC se trouve à gauche avec le gros transformateur toroïdal de son alimentation, délivrant deux tensions secondaires de 42V et une tension de 8V. Les tensions de 42V redressés sont filtrées par des condensateurs de 8200 μ/80V et servent à alimenter les étages de filtrage analogique, alors que le filtrage du 5V pour le convertisseur numérique analogique a droit à un condensateur de 4700 μ/16V.

Les régulations des tensions analogiques symétriques de cette carte, qui sont donc élevées, sont confiées à des régulateurs LM317 et LM337, chacun étant apparemment associé à un transistor et un amplificateur opérationnel.

La partie droite est réservée au lecteur réseau. Celle-ci est constituée d’une carte équipée de son alimentation, utilisant elle aussi un transformateur toroïdal, tandis que deux glissières et un connecteur permettent la mise en place de la carte réseau optionnelle PerfectWave Network Bridge depuis l’accès de la face arrière obstrué par une petite plaque amovible.

Cette carte réseau utilise une mémoire de stockage des données collectées par streaming de type "flash" de forte capacité afin de parer à toute interruption momentanée de transmission qui se traduirait par une coupure du message sonore.

Elle "transcode" également les données venant du réseau en format I2S avant de les transmettre à la partie DAC afin d'assurer un traitement de qualité supérieure.

Ce stockage des données associé à leur transcodage a été baptisé "Digital Lens" par PS Audio.

A noter que l’électronique de gestion de l’affichage et de l’écran tactile se trouve sur une carte montée directement sur la façade et que le PerfectWave DAC utilise pas moins de onze alimentations à faible bruit.

Les interfaces numériques

La carte recevant l’électronique traitant les diverses entrées numériques est installée au dessus de la carte de conversion. Les entrées S/PDIF coaxiale et optique sont gérées par un circuit Burr-Brown SRC4392 supportant les fréquences d’échantillonnage jusqu’à 216 kHz et dont la partie convertisseur de taux d’échantillonnage peut être activée ou désactivée à la demande depuis le menu (louable attention que de pouvoir désactiver cette fonction).

L’entrée USB fait appel à un circuit SMSC USB3318 et les deux entrées HDMI utilisent des récepteurs de ligne différentiels National Semiconductor DS90LV032.

Un circuit intégré XMos gère l'entrée USB en high speed jusqu'à 24 bit à 192 kHz en conjugaison avec un circuit logique programmable CPLD (Complex Programmable Logic Device) Xilinx XC2C128 dont le logiciel a été développé par PS Audio. On remarque aussi un circuit Si5317D éliminant le jitter des horloges.

Le transfert de données audio de type DSD (format du SA-CD) via cette liaison USB est actuellement en développement.

La conversion numérique analogique et le filtrage

Le cœur de cette partie de l’électronique est constitué d’un convertisseur numérique analogique Wolfson WM8741 pouvant traiter des fichiers audio numérique jusqu’à 24 bit à 192 kHz, avec des sorties en tension positive et négative sur chaque canal, et intégrant cinq filtres numériques sélectionnables depuis le menu et agissant sur le rendu sonore.

Le filtrage des signaux en sortie de convertisseur est particulièrement élaboré. Ainsi, nous n’avons repéré que deux amplificateurs opérationnels, des modèles Burr-Brown OPA2134 offrant de très bonnes performances (mais ceux-ci n'interviennent pas dans le filtrage), alors que quatre double transistors J-FET Linear Systems LSK389 à très faible bruit (version améliorée en boîtier CMS SOIC-8 du Toshiba 2SK389) côtoient plusieurs transistors bipolaires.

En effet, PS Audio fait usage de filtrage passif dès la sortie du convertisseur et les signaux filtrés sont amplifiés par les étages construits autour des transistors LSK389 (montés en étage différentiel à haute impédance d'entrée) et les trois transistors bipolaires qui leur sont associés (un transistor en générateur de courant constant pour l’étage différentiel et un étage de sortie push-pull) et ce sur les signaux stéréo positifs et négatifs issus du WM8741. Il est ainsi possible de disposer directement de signaux symétriques amplifiés et en basse impédance.

A noter également que les composants passifs sont de qualité audiophile, les résistances sont des modèles à faible bruit et faible tolérance (1%) et les condensateurs à couche plastique proviennent pour la plupart de chez Wima.

Utilisation et écoute

Contrairement à ce qui est indiqué dans le manuel d’utilisation (qui se rapporte à la première version de ce DAC et n’a pas été mis à jour), il faut installer les drivers téléchargeables via cette page Internet (aller à la rubrique PerfectWave DAC, puis cliquer sur "Install Mark ll USB driver for PC" et valider le lien qui se trouve dans le texte pour télécharger le fichier zip).

Notons que l'application payante e Lyric, disponible en version mobile et bureau, permet de piloter un ordinateur Apple via un iPhone ou un iPad et également d'autres appareils en réseau tels que des serveurs Sonos.

Nos essais ont été réalisés avec un ordinateur EEE PC et le lecteur logiciel Foobar2000 en mode Kernel Streaming (KS : PS Audio Audio 2.0 Output et Output data format : 24 bit) pour l’entrée USB et avec un convertisseur USB S/PDIF coaxial optique Musiland Monitor 01 USD pour les entrées S/PDIF.

Nous avons écouté principalement le célèbre España d’Emmanuel Chabrier dans la version de Paul Paray à la tête de l’Orchestre Symphonique de Détroit. Cet enregistrement d’origine analogique bénéficie d’une qualité artistique et sonore unanimement reconnue et sa richesse de couleurs et ses contrastes dynamiques allant des plus petits écarts aux plus importants se prêtent bien à la mise en valeur d’un système de reproduction sonore.

A vrai dire, l’examen des entrailles du PerfectWave DAC Mark ll nous laissait fortement augurer une restitution sonore de grande classe et cette œuvre musicale que nous avons bien dans l’oreille nous paraissait bien appropriée pour "l’heure de vérité".

Nous avions choisi d’écouter España en laissant le choix du filtre sur le mode automatique (qui semble d’ailleurs à l’écoute être le bon choix) et de laisser le fichier audio dans son mode natif, soit en qualité CD 16 bit à 44,1 kHz.

Quelle que soit l’entrée que nous avons utilisée (USB, S/PDIF coaxiale et optique), nous n’avons pas décelé de différences dans la restitution sonore. Comme nous vous le disions précédemment, celle-ci est de grande classe et se montre à même d’extraire les moindres subtilités d’une interprétation, traduisant ainsi totalement sa richesse.

Le PerfectWave DAC Mark ll nous a donc gratifié d’une magnifique reproduction de l’œuvre de Chabrier, restituant tout en finesse le discret tintement du triangle et les passages pianissimo, et mettant en lumière la moindre des subtilités de la riche orchestration de ce tonifiant et ensoleillé España, tandis que les forte de l’orchestre sonnaient avec puissance et que les cuivres entonnaient leur thème hispanique avec majesté en générant une splendide image sonore.

Nous avons procédé à diverses écoutes en mode réseau, dont des extraits en qualité Studio Masters 24 bit à 192 kHz, et les résultats sonores sont tout simplement renversants, ce qui n'est pas surprenant vu la qualité sonore à laquelle cet appareil parvient avec des fichiers 16 bit à 44,1 kHz.

On notera aussi, à l’instar de ce que nous avons déjà remarqué à plusieurs reprises sur des DAC ne faisant pas usage d’amplificateurs opérationnels (composants qui nécessitent généralement un taux de contre réaction assez élevé du fait de leur gain intrinsèque très élevé en "boucle ouverte") dans l’étage de filtrage analogique, que la restitution sonore de cet appareil allait au-delà de la fidélité et donnait une véritable sensation "d'authenticité", ce fait étant particulièrement sensible lors des extinctions de notes et des silences qui s’ensuivent.

Qu’on nous pardonne ces louanges, mais si nous pensions que cet appareil ne les méritait pas, nous nous garderions d’en faire, de plus il est vrai que l’effort financier à consentir étant important, l’acquéreur ne saurait être déçu.

Bien évidemment, la reproduction de musiques plus modernes comme le très remuant Such A Shame de Talk Talk est également un véritable bonheur par son ampleur et sa précision.

Terminons avec quelques mots sur l’action des différents filtres et du convertisseur de taux d’échantillonnage. Nous dirons que ce dernier n’a jamais été objet d’un grand amour de notre part car ses effets sont parfois assez dénaturant sur les musiques acoustiques (ça l’est parfois un peu ici quand on pousse beaucoup le taux de conversion) et qu’il importe à chacun de se faire son opinion en fonction de ses goûts musicaux et en matière de reproduction sonore. Idem pour les filtres dont certains ont une action assez prononcée, mais PS Audio a eu la bonne idée de rendre débrayables toutes ces interventions qui font souvent dresser les cheveux sur la tête aux puristes.


En conclusion, nous ne saurions affirmer que le PerfectWave DAC est le meilleur convertisseur du monde, mais ses prestations sonores sont de tout premier ordre et offrent une pureté sonore rare en révélant toutes les richesses de la musique bien enregistrée et en donnant cette sensation d’authenticité qui semble le propre des convertisseurs n'usant pas d'amplificateurs opérationnels dans leurs étages de filtrage. Ses nombreuses fonctions agissant sur le rendu sonore et que l’on peut déconnecter donnent des résultats qui s’éloignent certes plus ou moins de cette pureté mais pourront convenir à d’autres oreilles ou tout simplement permettre d’écouter différemment. Une façon de jouer sur deux tableaux à la fois. Reste que le prix de cette merveille technologique et sonore demandera ou des moyens ou des sacrifices.


Caractéristiques
Manuel d'utilisation (en anglais)
Site Alteraudio (importateur)
Contact Alteraudio


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