Le festival de Prades, entre grottes et sommets
Le festival de musique de chambre fondé par Pablo Casals réunit chaque année de grands musiciens dans le répertoire classique et contemporain. Une quarantaine de concerts, autour du thème des "variations", prendront place dans l'Abbaye de Saint-Michel de Cuxa et dans des églises romanes du Conflent, mais également dans des lieux plus inattendus du 26 juillet au 13 août.
Région : Languedoc-Roussillon
Comme l’an dernier, où le festival rendait hommage aux « sommets de la musique de chambre », les sommets seront aussi à prendre au sens propre cette année à Prades du 26 juillet au 13 août. L'édition 2011 avait célébré l’année des Pyrénées sur les cimes du Mont Canigou, à l’aurore ; cette année, le festival Pablo Casals donne à nouveau rendez-vous au refuge des Cortalets : le 31 juillet, le Quatuor Artis se produira au pied du Canigou, à 2150 mètres d’altitude, pour une veillée en musique.
Mais pour la première fois, le temps d’un concert, le festival fera également escale aux Grottes des Grandes Canalettes. Dans la plus grande salle de ce réseau de grottes vieux de 400 millions d’années, les spectateurs entendront l’Orchestre de Chambre de Toulouse accompagner des solistes dans un programme concocté pour les circonstances.
La cadre habituel, le cloître de l'abbaye, où se déroulent la plupart des concerts, n’est pas moins somptueux. L’éclairage de l’intérieur, entièrement rénové cette année, sera inauguré pour le concert d’ouverture du 60e Festival, le 26 juillet.
La formation phare de la musique de chambre, le quatuor à cordes, fera notamment l'objet d'un concert « grands quatuors » (1er août) : les quartets Prazak et Artémis interprèteront Beethoven et Janáček, et participeront à la création mondiale du quatuor de Maratka, compositeur en résidence. Ces deux formations, tchèque pour l'une, autrichienne pour l'autre, représentants incontournables du quatuor à cordes, se sont imposées comme des leaders dans leur domaine. La programmation sera bien sûr rythmée par les monuments incontournables du répertoire chambriste, avec aussi bien des quatuors de Haydn, de Beethoven que des sonates de Mozart, sans oublier Schubert ou Tchaïkovski.
Quarante solistes, en plus des trios et quartets, interpréteront compositeurs classiques autant que contemporains pendant ces trois semaines.
Bach et sa famille auront une place de choix. En plus des quartets Prazak (5 août), Artis, et du trio Hoboken, c'est l’accordéoniste virtuose Richard Galliano qui l'interprètera dans un concert intitulé « la famille Bach accueille Galliano (29 juillet). Le jazzman, que Qobuz a rencontré, est rompu aux transcriptions classiques, avec notamment un album dédié à des classiques de Bach, du Premier Concerto pour violon à la Badinerie avec flûte en passant par l’Air de la Troisième Suite. Il se produira aux côtés de l'Orchestre de chambre de Toulouse, ou encore avec le Trio Hoboken. Variations, transcriptions, paraphrases : le festival explorera le thème des métamorphoses musicales.
Une présence de Bach qui fait d’ailleurs hommage au fondateur du festival, lui qui a révélé au public les six Suites pour violoncelle. Le festival a commencé avec Bach, en 1950, à l'occasion du bicentenaire de Bach, quand les amis de Pablo Casals le poussent à le célébrer, connaissant tous l'adoration que le maître éprouve pour lui. Le violoncelle sera bien sûr omniprésent, dans ses versions baroque et moderne, sous les doigts de Christophe Coin notamment. De Bach à Dvorák, Schumann et Brahms, dans le répertoire classique comme dans la musique populaire et traditionnelle.
Autre particularité de cette édition, la musique française mise à l’honneur. Sandrine Piau, en concert le 9 août, restera pourtant avec Schubert, Mendelssohn, Liszt et Strauss. L’hommage à Debussy, en cette année-anniversaire, sera prolongé tout au long du festival -on pourra notamment entendre sa Sonate pour piano et violon n°3, le 2 août. Mais la musique de Debussy sera également confrontée à celle de ses contemporains. Parmi eux, Poulenc et De Falla, dont on pourra découvrir le 10 août son Hommage pour le tombeau de Claude Debussy, par le guitariste classique Dimitri Illarionov. La programmation fait également la part belle aux héritiers de la modernité comme Philippe Hersant (6 août) ou encore Maurice Ohana (10 août). Sa pièce pour hautbois, cor et clavecin sera jouée par la claveciniste Elisabeth Chojnajka.

Vos lectures