Festival de Colmar, hommage à Kärl Münchinger

Du 3 au 14 juillet, la 24e édition du Festival de Colmar rend hommage au chef d’orchestre allemand Karl Münchinger, fondateur et directeur du festival jusqu'à la fin des années 1980. Justice sera rendue à un pionnier de la redécouverte du répertoire ancien, et à un acteur essentiel du rapprochement franco-allemand, passé de l'adulation à un relatif oubli.

PAR Arthur de Talhouët | Concerts et tournées | 26 juin 2012
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L'Orchestre de Chambre de Stuttgart, que Münchinger a créé, ouvrira la manifestation, alors que le National Philharmonique de Russie sera en résidence pour sept concerts. De grands noms de la scène classique -parmi lesquels Nicolas Angelich, David Guerrier, Emmanuel Pahud, ou encore le trio Wanderer- rendront hommage au grand chef lors des 22 concerts qui émailleront la première quinzaine du mois de juillet. Le répertoire germanique sera à l’honneur.

L'hommage à un musicien -artiste ou compositeur- est la signature du festival de Colmar. Un tel fil conducteur permet une programmation éclectique, à l’abri des modes et des anniversaires. Le choix de mettre l'accent sur un grand musicien qui a marqué notre époque donne à l'évènement une cohérence qui lui est propre.

Réputé pour avoir rendu aux œuvres de Bach leur fraîcheur, Karl Münchinger faisait référence par ses interprétations tout en vigueur, son respect des traditions, la clarté de son discours. Ses enregistrements des Quatre Saisons de Vivaldi, ou des Concertos Brandbourgeois, étaient considérés comme exemplaires. Sous sa direction, l’Orchestre de chambre de Stuttgart grava dans les années 1950 et 1960 de très nombreux enregistrements, essentiellement dédiés aux œuvres de Bach, Haendel, Haydn et Mozart. Mais, à la fin des années 1970, l'engouement pour les instruments anciens détourne le regard de son œuvre et il tombe alors dans un relatif oubli. En choisissant de lui consacrer cette édition 2012, le chef Vladimir Spivakov, actuel directeur artistique, entend raviver sa mémoire. Pour plusieurs générations de mélomanes, il est en effet considéré comme un des plus grands interprètes de la musique de Bach, de Mozart et de Haydn. Il avait opéré une « révolution », imposant, contre les orchestres symphoniques démesurés, des formations réduites pour jouer les compositeurs du 18e siècle, dont son fameux Orchestre de chambre de Stuttgart, créé en 1945, fut le prototype, et influença par la suite les formations européennes.

La rétrospective entend aussi remémorer la mission que Münchinger assignait à la musique: être un vecteur de réconciliation des peuples -un rôle précieux dans l'immédiat après-guerre. Dès 1949, il dirige ainsi son premier concert à Paris, son orchestre étant la première formation allemande à se produire en France après la guerre. Invité par les festivals européens les plus prestigieux, Münchinger fait pendant près de quarante ans des tournées dans le monde entier. C'est le festival de Colmar qui devient ensuite le symbole de cette mission: « Dès les premières années de l’après-guerre, j’ai pu éprouver, jour après jours,l’importance que les mélomanes français attachaient à cette idée de réconciliation avec l’Allemagne... J’ai tenté par tous les moyens de répondre à cet élan avec autant de sérieux que de cœur. La France est devenue ma deuxième patrie ! Je suis particulièrement heureux que mes conceptions de la valeur exemplaire que revêt la musique dans le rapprochement des deux communautés, aient rencontré un écho aussi favorable en Alsace !". En 1979, le chef choisit Colmar pour « devenir un des hauts lieux de dialogue permanent entre la musique française et allemande ».

Vladimir Spivakov dirigera cet été cinq concerts , à la tête du National Philharmonique de Russie. C’est l’Orchestre de chambre de Stuttgart, fondé par Karl Münchinger, qui ouvrira le bal, en donnant trois concerts consacrés aux compositeurs de prédilection de Münchinger.

Comme chaque année, un équilibre est recherché entre nouveaux talents et gloires confirmées. Les instruments à vent et les cuivres, chers au Münchinger, se tailleront une part de lion dans la programmation. Aux côtés des grandes stars comme le flûtiste Emmanuel Pahud, l'hautboïste François Leleux, le clarinettiste Pascal Moraguès, ou encore le trompettiste David Guerrier, les talents de demain, comme le clarinettiste Raphaël Sévère ou le trompettiste Romain Leleu, se produiront au cours de ce 24ème festival.

Le répertoire germanique sera également célébré par de grands solistes. Parmi les pianiste : le maestro Grigory Sokolov, Nicolas Angelich, Martin Helmchen, David Fray, David Kadouch, ou encore Adam Laloum. Les violonistes Daniel Hope et Alina Pogostkina, le baryton Mathias Goerne, compléteront le palmarès. Les concerts consacrés à la musique de chambre réuniront le fameux Trio Wanderer et le jeune Trio [ Dali->http://www.qobuz.com/interprete/trio-dali/telechargement-ecoute-albums], la violoncelliste Ophélie Gaillard et son ensemble Pulcinella.

Consultez le programme détaillé sur le site du festival

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