Ambronay en métamorphoses
Le célèbre festival de musique ancienne d’Ambronay se déroulera du 14 septembre au 7 octobre. Le thème de cette édition, les « métamorphoses », s’y déclinera en plusieurs sens : métamorphose de l’interprétation, métamorphose des œuvres, mais aussi métamorphose du concert.
Le temps de quatre week-ends, les grands noms du baroque se produiront dans l’abbaye Notre-Dame d’Ambronay et sur les autres scènes du festival, à égalité avec les jeunes ensembles, accompagnés et promus par l’Académie baroque européenne d’Ambronay dans le cadre des concerts Carte blanche aux jeunes ensemble.
Le concert inaugural (14 septembre) mettra à l'honneur la création avec, en première mondiale, une œuvre redécouverte de Falvetti. Leonardo García Alarcón, principal artiste en résidence, encouragé par l'immense succès rencontré par Il diluvio universale, au disque et en concert, s’est vu confié par le Centre Culturel de Rencontre d'Ambronay la création de cette autre œuvre inédite de Michelangelo Falvetti : l’oratorio Nabucco, créé en 1683.
Fidèle aux stars qui ont grandi avec lui, le festival retrouvera ses icônes, à commencer par William Christie, à la direction de son orchestre Les Arts Florissants, le 5 octobre. Éminent compagnon d'Ambronay qui l’accueille depuis près de trente ans, le grand défenseur de la musique française du XVIIe siècle, présentera deux œuvres sacrées de Marc-Antoine Charpentier : L'Enfant prodigue et Cécile vierge et martyre
Le lendemain du concert d’ouverture, on pourra entendre Jérémie Rhorer avec le Cercle de l’Harmonie, dans un concert dédié à Mozart et Haydn. Spécialisés dans l’interprétation sur instruments d’époque des grandes œuvres classiques et préromantiques, le jeune chef et son orchestre, se mesureront notamment à la 41ème symphonie, dit « Jupiter », et à la Messe du Couronnement de Mozart. Le 19 septembre, la soprano Patricia Petibon prendra le relais avec des airs d’opéra de Haendel, Rameau, Conradi et Vivaldi. Un concert qui fera mesurer tout le chemin parcouru par la soprano depuis sa participation au festival en 1994, passée du statut d’académicienne à celui de grande cantatrice !
Le dimanche 16 septembre, c’est une autre grande figure du festival et de la musique ancienne, Marc Minkowski, qui s’attèlera cette fois-ci à la musique symphonique du XIXe (Schubert) avec les musiciens du Louvre Grenoble, sur instruments anciens. Fervents défenseurs du répertoire baroque, Minkowski et ses Musiciens du Louvre Grenoble côtoient désormais depuis quelques années, -après leurs interprétations acclamées de Haendel ou Rameau- la musique symphonique et lyrique du XIXe siècle, toujours sur instrument d'époque. On pourra entendre deux œuvres phares de Schubert -dont ils enregistrent l'intégrale des symphonies- la Symphonie en ut majeur dite « La Grande », et la Symphonie « inachevée ».
Le grand maître du violon baroque Manfredo Kraemer, avec son ensemble The Rare Fruits Council, complètera ce prestigieux casting dans un concert intitulé « Les arts de la fugue » (7 octobre). Il tracera une « histoire de la fugue » en musique, avec des œuvres de Mozart, Bach bien sûr, mais aussi Froberger, Dietrich Buxtehude, Girolamo Frescobaldi et Veracini. Sigiswald Kuijken et sa Petite Bande, ensemble qu’il a fondé avec Gustav Leonhardt en 1972, pour leur part, se consacreront exclusivement à Bach (21 septembre). Ils interprèteront les Suites pour Orchestre et le Concerto Brandebourgeois n°5, un répertoire festif digne de fêter leur 40 ans !
Au-delà de la présence de ses « stars », le festival sera marqué par le thème de la « « métamorphose du concert ». D'autres relations que le face à face entre artistes et public seront expérimentées, avec notamment les scènes amateurs dans les jardins du site. Le 15 septembre, dans les jardins de l’abbaye, le jeune Ensemble Cafébaum, dans le cadre des soirées « cartes blanches » réservées à six ensembles baroques prometteurs, métamorphosera le dispositif ordinaire du concert, en proposant au public de s’immerger au milieu de ses musiciens pour partager au plus près leur concentration. Une manière de faire tomber la frontière symbolique de la scène, de créer une nouvelle proximité musicale entre l’interprète et son public.
Les métamorphoses sont aussi celles, bien sûr, du passage, de l’aller-retour entre instruments anciens et instruments modernes. Le dimanche 16 septembre, le Quatuor Terpsycordes s’en fera l’illustration, dans Haydn, Beethoven, et avec les Métamorphoses nocturnes de Ligeti. L’ensemble Céladon ira plus loin encore, avec la reconstitution de l’atmosphère d'un pub londonien à l'époque de Purcell. L’ensemble Les Ombres, que Qobuz a rencontré, porté par Sylvain Sartre et Margaux Blanchard, seront de passage à Ambronay (sur la scène de l’opéra de Lyon) avec des extraits de l’Europe Galante de Campra et des Nations de Couperin (4 octobre). Un passage qui concordera avec la publication de leur deuxième album sur Couperin.
Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du Centre Culturel de Rencontre d'Ambronay

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