Du modernisme au lyrisme
Rautavaara, plus créatif que jamais
Le compositeur finlandais Einojuhani Rautavaara souffle ses quatre-vingt bougies avec une série de parutions orchestrée par le label Ondine. Entretien.
Il y a trois ans, vous avez eu un grave accident de santé ; comment vous portez-vous ?
— Mieux. Je travaille. J'ai compris que la vie pourrait reprendre lorsqu'après plusieurs jours de coma, j'ai pu retrouver mon crayon et écrire à nouveau de la musique. Sur ma chaise roulante, j'ai repris ma Manhattan Trilogy là où je l'avais laissée. Aujourd'hui, j'ai conscience de la finitude, ce n'était pas le cas avant. Je sais que ma santé défaillante m'impose une course contre la montre, contre la mort. Sans doute pour cette raison, je suis plus productif que jamais depuis mon accident. Il y a de nombreuses années, j'ai vécu un premier mariage très malheureux ; à l'époque la composition était ma seule consolation et cela a sans doute créé en moi une énergie créatrice sans limites. Désormais, je vis en parfaite harmonie, mais j'ai toujours besoin de sentir cette polarité. Cependant, je me fatigue plus vite, je dois me reposer une heure après avoir travaillé une heure...
Votre musique a-t-elle changé ces dernières années ?
— Oui, je crois, elle prend souvent la forme d'un rêve éveillé. Je tourne sans arrêt autour des idées de compositions que j'avais eues enfant ou adolescent ; après mon accident, tout m'est revenu dans une grande clarté. Je n'ai plus qu'à mettre en forme, avec le bagage technique que j'ai acquis au fil des années. Milan Kundera a écrit que la musique symphonique était un voyage à travers le monde, dont les paysages sont toujours nouveaux. De plus en plus, je crois qu'elle peut aussi être le voyage de l'homme à travers la vie.
Quel regard portez-vous sur vos premières pièces ?
— J'ai, un temps, cédé aux sirènes du modernisme. Heureusement, je m'en suis bien remis, je ne pense plus à torturer les instruments... Ma nature est romantique, lyrique, c'est ainsi : depuis les années 1970, mon œuvre reflète, je crois, ma personnalité.
Vos disques, parus chez Ondine, ont obtenu un grand succès international. Que cela a-t-il changé pour vous ?
— Le succès et la peur de décevoir ont certainement causé le silence que Sibelius s'est imposé pendant la dernière partie de sa vie... Mais, jeune compositeur, j'avais fait un songe : que ma musique soit connue hors de mon petit pays, la Finlande. Et ce rêve a fini par devenir réalité, au-delà de toutes mes espérances, grâce à ces disques. Je suis plus sollicité que jamais, je croule sous les commandes. Alors, depuis, j'imagine une tour d'ivoire dans laquelle je pourrais vivre sans me soucier de rien, sinon de composer !
Quelles seront vos prochaines œuvres ?
— Je poursuis ma série de concertos, qui est très stimulante car elle me met en contact avec de grands solistes. J'ai écrit un Concerto pour percussion pour Evelyn Glennie, ce qui m'a passionné car les instruments à percussion sont par essence peu mélodiques, alors que ma musique, elle, l'est, ce qui constituait un défi. Je me suis depuis lancé dans un Concerto pour violoncelle avec Truls Mørk. Et je songe, après Rasputin, à un nouvel opéra, mon dixième, dont j'ai déjà écrit le livret.
☛Déjà paru chez Ondine :
■ L'intégrale de la musique pour chœur masculin en 2 CD (nouveauté)
☛À paraître chez Ondine :
■ L'intégrale en coffret des Symphonies (réédition)
■ The Tapestry of Life (nouveauté)
■ Before the Icons (nouveauté)
avec l'Orchestre Philharmonique d'Helsinki dirigé par Leif Segerstam
Fil d'actualités
-
00:05Qobuz | Sur les traces d'Amalia...
-
hier
-
hierQobuz | Alexander le Bienheureux
-
hier
-
hier
-
jeu.Qobuz | Archie birthday !
-
mer.
-
mer.
-
mer.
-
mer.Qobuz | La Roque d'Anthéron au sommet
-
mer.
-
mer.Qobuz | Parlez-vous Françaix ?
-
mar.
-
mar.Qobuz | Bee Gees aphones
-
lun.Qobuz | Une pause Café-Qobuz à Musicora
-
lun.
-
lun.Qobuz | Teodora Gheorghiu en récital
-
lun.
-
lun.
-
lun.
-
lun.Qobuz | QIBUZ / Lundi 21 mai 2012
-
lun.L'Express | Robin Gibb, le chanteur des Bee Gees, est mort
-
lun.L'Express Styles | Coup de cœur pour Nick Waterhouse
-
lun.Qobuz | L’âme à deux
-
dim.L'Express Styles | "Shape Shifter", le 36e album de Santana !
-
dim.L'Express Styles | Le crooner Richard Hawley signe son grand retour
-
dim.
-
dim.
-
dim.Qobuz | Rose algérienne
-
dim.L'Express Styles | 2 choses à savoir sur "MA" de Ariane Moffatt







