Ce qu'on sait (ou pas) de Gabriel Fauré
Fauré, compositeur tranquille et intimiste ? Voire. Le contre-ténor Philippe Jaroussky et de fougueux instrumentistes raniment la flamme d'un artiste moins sage qu'il n'y paraît.
ON LE SAIT
LE REQUIEM EST SON ŒUVRE LA PLUS CÉLÈBRE
Il fut publié avec succès en 1900 dans une version pour grand orchestre. On l'a apprécié ainsi pendant des années, avant de découvrir une variante, datant des jeunes années du compositeur (1877-1888), destinée à un tout petit ensemble instrumental et au chœur d'enfants que Fauré dirigeait alors qu'il était maître de chapelle de l'église de la Madeleine, à Paris. Cette version "originale", plus intimiste, a désormais la faveur des interprètes. Le Requiem semble nous convaincre que la mort est finalement une heureuse délivrance, et non un passage douloureux. Fauré devait en être persuadé : c'est son propre Requiem que l'on joua à son enterrement.
BIO EXPRESS
1845 : Naissance à Pamiers (Ariège)
1891 : Premier Quintette pour piano et cordes
1896 : Devient organiste en chef à la Madeleine et professeur de composition au Conservatoire de Paris
1913 : Pénélope
1924 : Meurt à Paris
Des enregistrements récents d'une partie de son œuvre rendent justice au compositeur, parfois sous-estimé.
Gabriel Fauré est né en 1845 et mort en 1924. Fils d'instituteur, il a suivi une carrière tout à fait académique, devenant membre de l'Institut et directeur du Conservatoire de Paris ; son maître était Camille Saint-Saëns, le chantre du classicisme. Tout cela concourt à faire de Fauré un prototype du compositeur conventionnel du XIXe siècle. Mais sa musique, à l'harmonie complexe et subtile, tourne le dos à la tradition. Avec Debussy et Ravel, il représente la modernité française du début du XXe siècle.
ÂGÉ, IL EST DEVENU SOURD
" J'ai été entendre Verdi à l'Opéra..., écrit-il à sa femme en 1919, alors qu'il a 74 ans. Je n'ai entendu que des sons si cocassement mêlés que c'était à me croire devenir fou..." Sa surdité, déclarée vers 1900, s'est aggravée au fil du temps. Mais ses facultés créatrices n'ont pas été atteintes, au contraire. Comme chez Beethoven, "les dernières années marquent un sommet dans l'œuvre de Fauré", note son biographe Jean-Michel Nectoux. En témoignent des chefs-d'œuvre délicats comme L'Horizon chimérique ou le Quintette n° 2.
ON LE SAIT MOINS
IL N'EST PAS UN AUTEUR POUR MIDINETTES
Fauré, compositeur "salonnard" ? C'est l'un des nombreux clichés qui courent encore sur lui. Il est vrai que quelques œuvrettes aux mélodies faciles, comme la Berceuse pour violon ou la mélodie Après un rêve peuvent effectivement accréditer cette thèse. Mais le philosophe Vladimir Jankélévitch, qui a profondément pratiqué et analysé Fauré, a bien mis en évidence la formidable richesse de la majeure partie de sa musique.
PÉNÉLOPE EST SON UNIQUE OPÉRA
Et si c'était son grand chef-d'œuvre oublié ? Fauré passa six ans à l'écrire et sa création, en 1913, fut un immense triomphe. Cet ouvrage, qui exalte avec noblesse les joies de l'amour, constitue peut-être l'apogée de toute l'œuvre fauréenne, par l'humanité et la grandeur des deux personnages principaux. Cette sorte d'"anti-opéra" plus intimiste que dramatique n'a pas connu la destinée qu'il aurait méritée.
LA JEUNE GÉNÉRATION L'ADORE
Les grands disques consacrés à Fauré datent quasi tous des années 1950 à 1970. Mais ces dernières semaines ont vu la parution de nombreux nouveaux enregistrements. Le contre-ténor Philippe Jaroussky est la vedette d'une version controversée du Requiem, dans laquelle il chante, de manière très extravertie, le "Pie Jesu". Parallèlement, la fine fleur des instrumentistes français s'est retrouvée pour deux intégrales de la musique de chambre, l'une autour du violoniste Renaud Capuçon, et l'autre avec notamment le pianiste Eric Le Sage. Tous jouent avec une verdeur et une fougue qui devraient changer l'image de compositeur "intimiste" encore attachée à Fauré.
Fil d'actualités
-
00:05Qobuz | Sur les traces d'Amalia...
-
hier
-
hierQobuz | Alexander le Bienheureux
-
hier
-
hier
-
jeu.Qobuz | Archie birthday !
-
mer.
-
mer.
-
mer.
-
mer.Qobuz | La Roque d'Anthéron au sommet
-
mer.
-
mer.Qobuz | Parlez-vous Françaix ?
-
mar.
-
mar.Qobuz | Bee Gees aphones
-
lun.Qobuz | Une pause Café-Qobuz à Musicora
-
lun.
-
lun.Qobuz | Teodora Gheorghiu en récital
-
lun.
-
lun.
-
lun.
-
lun.Qobuz | QIBUZ / Lundi 21 mai 2012
-
lun.L'Express | Robin Gibb, le chanteur des Bee Gees, est mort
-
lun.L'Express Styles | Coup de cœur pour Nick Waterhouse
-
lun.Qobuz | L’âme à deux
-
dim.L'Express Styles | "Shape Shifter", le 36e album de Santana !
-
dim.L'Express Styles | Le crooner Richard Hawley signe son grand retour
-
dim.
-
dim.
-
dim.Qobuz | Rose algérienne
-
dim.L'Express Styles | 2 choses à savoir sur "MA" de Ariane Moffatt







