• Être fidèle à la musique | 

3 questions à... Richard Galliano

Le maître de l'accordéon livre une magnifique interprétation de Bach. Audacieux, il s'est attaqué à des pièces non destinées au clavier mais au violon, hautbois ou à la flûte. Il sera bientôt sur scène au Théâtre du Châtelet et au Théâtre de l'Odéon.

PAR Paola Genone | DISCOGRAPHIE | 14 avril 2010
Réagir
L'Express


  

Écouter et télécharger
Disponible en qualité CD (LossLess)


CONCERTS

27 avril 2010 : Théâtre du Châtelet (Paris Ier), avec Biréli Lagrène et Didier Lockwood
17 mai : Théâtre de l'Odéon (Paris VIe)

Jouer Bach à l'accordéon, un vieux rêve ?
— Un rêve de toujours ! J'ai découvert Bach très jeune, à 13 ans. Dans ma loge, avant un concert, je joue toujours du Bach. Mais, jusqu'à aujourd'hui, je n'avais jamais eu le courage de le faire devant un public. Certaines musiques de Bach semblent avoir été écrites pour l'accordéon, même si cet instrument a été inventé plusieurs dizaines d'années après sa mort. Un jour, Astor Piazzolla m'a confié avoir décidé de devenir musicien à 6 ans, en entendant un pianiste jouer un Prélude de Bach.

Pourquoi vous attaquez-vous aux seules pièces pour violon, hautbois et flûte ?
— Je ne voulais pas tomber dans le piège de l'accordéoniste : imiter les sonorités de l'orgue. J'ai fait un choix de mélomane : le disque débute ainsi par la Badinerie. Je ne renierai jamais le côté populaire de l'accordéon, ce qui ne m'empêche pas de prendre des risques. Comme d'enregistrer le Concerto pour hautbois et violon. Les violonistes se sont souvent approprié cette pièce en reléguant le hautbois en toile de fond. Mais quand on lit la partition, on s'aperçoit que le leader, c'est le hautbois ! J'ai donc décidé de jouer la partie de cet instrument sur mon accordéon pendant que le violon m'accompagne.

Bach était un improvisateur, mais vous n'osez pas improviser sur Bach...
— À chaque fois que j'ai tenté de transformer sa musique, elle sonnait moins bien. Je n'ai pas changé une seule note, pas une respiration, pas un silence. J'ai enregistré ce disque dans l'église Notre-Dame-du-Liban, à Paris, en compagnie des musiciens classiques qui m'ont accompagné sur Piazzolla Forever. C'est l'aventure elle-même qui fut ma plus grande improvisation.

 Lire aussi

Votre avis

À découvrir autour de l'article

Fil d'actualités

Jusqu'au 30 juin, recevez un chèque remise de 25% pour tout achat de 25€ sur le label Naxos

Inscrivez-vous à nos newsletters