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Opéra : qui gagne quoi ?

Une enquête publiée par Le Figaro se penche sur les salaires pratiqués dans le monde de l’opéra…

PAR Marc Zisman | DANS LES MÉDIAS | 12 octobre 2009
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Dans une très intéressante enquête publiée dans les colonnes du Figaro en date du 9 octobre, la journaliste Léna Lutaud se penche sur le délicat dossier du cachet des stars de l’art lyrique.

Ainsi, l’article intitulé L'argent des stars de l'opéra nous apprend que si elles perçoivent toutes un cachet identique, les grandes voix lyriques parviennent à multiplier leurs gains grâce aux récitals et aux disques. Actuellement, Anna Netrebko dans L'Élixir d'amour à l'Opéra Bastille, Roberto Alagna dans Carmen à Covent Garden ou Karita Mattila dans Tosca au Met de New York ont un cachet identique : 15.000 euros brut par soir, billets d'avion et frais de séjour étant à la charge du chanteur…

La journaliste du Figaro explique ensuite que, chantant souvent au Met, Natalie Dessay a préféré s'acheter un appartement à Manhattan. Renée Fleming a fait de même à Paris et prête sa maison dans le Marais à ses collègues. En retour, elle peut compter sur eux pour être aussi hébergée gracieusement à l'étranger…

Léna Lutaud rappelle que l'économie d'un opéra est ainsi faite que les comptes sont dans le rouge, tous les soirs. Le budget des scènes subventionnées par l'État ou financées par des mécènes est plafonné. Cas unique dans le monde du spectacle, les directeurs s'entendent sur les cachets qui, du coup, sont les mêmes à Londres, New York et Paris.

Si les 15.000 euros par soir sont réservés au Top 15 des grandes voix, les étoiles montantes comme Diana Damrau ou Sophie Koch obtiennent entre 5.000 et 12.000 euros, tandis que les petits rôles sont à moins de 1.000 euros. « Entre directeurs, on se téléphone en permanence », explique Peter Gelb, directeur du Met Opera de New York. « Et nous éditons, deux fois par an, un tableau récapitulatif des cachets, artiste par artiste », confie Élisabeth Pezzino, directrice de la programmation de l'Opéra de Paris.

Toujours selon cette enquête, la seule façon pour un chanteur d'améliorer l’ordinaire est de sortir des disques et enchaîner avec des récitals. C’est ce qu’explique Jean-Pierre Le Pavec, producteur des récitals Grandes Voix qui reçoit cette saison à Paris Anne-Sofie von Otter et Jonas Kaufmann. Selon la notoriété du chanteur, le cachet d'un soir oscille entre 30.000 et 200.000 euros ! Angela Gheorgiu et les autres membres du Top 15 équilibrent leurs plannings. Seule Cecilia Bartoli déserte la scène pour ne plus faire que des galas. «C'est pourtant le prestige de l'opéra qui aide à décrocher les autres contrats. Sur le long terme, le public se lasse », souligne Peter Gelb.

L’article du Figaro se termine sur les conséquences de la crise actuelle pour Gelb et ses collègues qui négocient actuellement la saison 2014-2015. Le défi du patron du Met ? Avoir tous les soirs une star à l'affiche et une distribution homogène. Pour les artistes, il est difficile d'anticiper la voix qu'ils auront dans cinq ans, précise la journaliste Léna Lutaud. Ils sont aussi confrontés à la crise qui frappe les opéras américains. Faute de mécènes, certains annulent des pans entiers de leur saison ou font faillite. Le Met ne pourra pas offrir du travail à tous. Sentant le vent tourner, le syndicat American Guild of Musical Artists a accepté que ses membres ne soient pas rémunérés pour les retransmissions au cinéma. Élisabeth Pezzino de l'Opéra Bastille croule sous les appels d'Outre-Atlantique : « Les Américains ont des trous dans leur planning. Comme l'Europe est favorisée par le taux de change, un exode s'annonce.»

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