Musique compressée : attention danger !
A l’occasion de la Semaine du Son, un article du quotidien Direct Matin Plus souligne les dangers de la compression musicale qui consiste à remonter le niveau faible au niveau fort…
Un passionnant article publié par Direct Matin Plus dans son édition du jeudi 7 janvier, souligne les dangers de la musique compressée. Ainsi, les risques auditifs ne seraient pas seulement liés à la combinaison du volume et de la durée de l’exposition sonore, mais aussi à la «compression de la musique», affirme Christian Hugonnet, acousticien et président de la Semaine du Son, qui réunit une fois par an musiciens, ingénieurs du son, facteurs d’instruments, sociologues, phoniatres ou spécialistes de l’audition.
Le constat d’Hugonnet est clair : «La compression consiste à remonter le niveau faible au niveau fort, comme le font les publicitaires à la télévision, pendant les pauses promotionnelles –, ce qui donne l’impression que l’on a augmenté le volume. L’industrie du disque compresse la musique pour que l’utilisateur de MP3 puisse l’entendre, malgré le bruit ambiant de la ville, du métro ou de la voiture, sans avoir à tourner le bouton du volume… Cela donne une musique sans nuances, comme le Bolero de Ravel sans son long crescendo», indique-t-il au journaliste de Direct Matin Plus.
«Ce type de musique, sans pianos ni forte, prive l’oreille de toute gymnastique. Celle-ci devient paresseuse, elle aura beaucoup de mal à entendre à nouveau les sons faibles. D’ailleurs, après avoir écouté de la musique compressée pendant une heure ou deux, les jeunes se mettent à leur tour à parler très fort», constate l’acousticien et président de la Semaine du Son.
L’article de Direct Matin Plus poursuit qu’il faudrait alors rééduquer l’oreille, en faisant de la musique, par exemple. Seuls 32% des Français de 15 ans et plus ont fait de la musique ou du chant à un moment de leur vie : 19% ont joué d’un instrument, 6% ont fait partie d’une chorale ou d’un ensemble vocal et 7% ont fait les deux, rappelait, récemment le Ministère de la Culture en citant une enquête sur les activités artistiques amateur de 1996.
«Le baladeur aggrave le phénomène de la compression, parce qu’il est proche de l’oreille, et qu’on l’écoute très longtemps», ajoute l’acousticien. Il demande que l’industrie musicale se convertisse à «l’écologie sonore» et qu’elle informe le public du fait qu’une musique est compressée ou pas. Christian Hugonnet fera écouter la différence à l’occasion de la clôture de la Semaine du Son, samedi 16 janvier, à l’auditorium Saint-Germain de Paris.
Dans son message de bienvenue au public précise l’article de Direct Matin Plus, l’acousticien écrit : «Grâce à la Semaine du Son, vous saurez que vous chuchotez à un niveau de 40 décibels, que vous parlez d’une voix amoureuse à 60 décibels, d’une voix forte à 80 décibels et que 100 décibels, c’est trop pour nos oreilles. Simple, l’échelle des décibels ? Vous saurez aussi que nous n’avons aucune chance (si c’est une chance) d’entendre le "0 décibel" qui n’est pas de ce monde, et que nous avons besoin d’un bruit environnant de 20 à 30 décibels pour bien vivre.»
Le site officiel de la Semaine du Son
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