Gramophone fait peau neuve
En mai, Gramophone fait peau neuve. Le magazine britannique a trouvé la recette infaillible pour vieillir moins vite que ses lecteurs : muer assez régulièrement, c’est-à-dire au moins une fois tous les deux ans.
Le concept rédactionnel n’est jamais totalement bouleversé par les nouvelles formules, avec, on le sent bien, au gré des nouvelles « nouvelles formules » et selon le gestionnaire nouvellement nommé chez Haymarket : un coup à droite (faisons plus popu…), un coup à gauche (… on reste un magazine de référence).
La nouvelle formule de mai 2010 figurera dans la série des nouvelles formules de Gramophone marquées au sceau de l’élégance et de la tradition. On préfère.
Couverture vernie mate, nouveau logo minimaliste, titrage un peu rétro et choix de sujets bien balancé : en « une », Gramophone affiche une belle pastille fluo s'accordant parfaitement à la robe splendide et très compliquée de Joyce DiDonato qui illumine la couverture, et proclame « New Look ! More reviews ! New feutres ! Same unrivalled critics ! ».
Outre le plaisir de lire comme chaque mois ce « unrivalled » bouquet de critiques bien écrites et qui manient avec un talent et un flegme incomparables le ton expert, le sous-entendu vachard ou le noyage de poisson par invocation de références oubliées, le lecteur continental passionné de discographie aime faire la comparaison des fameux Editor’s Choice de James Inverne, le rédac’ chef du magazine.
Avec les années — ou, sont-ce les effets de la mondialisation, ou du triomphe du disque classique français ? — un certain exotisme insulaire s’est finalement effacé en faveur de choix qui sont souvent aussi ceux de Classica ou Diapason, modulo bien sûr une défense jamais prise en défaut, et bien respectable, de la musique anglaise.
Et les « Winners » sont en mai…
Voici donc, et sans plus attendre, le choix de Gramophone pour mai, des meilleurs disques récemment parus. Nous mettons un lien vers l’album disponible en téléchargement sur Qobuz…
Boris Berezovski, piano
(Mirare)
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Disponible en qualité CD (LossLess)
TOBIAS HUME
Suzanne Heinrich, viole de gambe
(Hyperion)
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Disponible en qualité CD (LossLess)
FERNANDO SOR
William Carter, guitare
(Linn)
(un label que nous réclamons à son distributeur numérique depuis 3 ans, pas moins)
SERGE PROKOFIEV
Freddy Kempf, piano - Direction Andrew Litton
(Bis)
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Disponible en qualité CD (LossLess)
OSWALD von WOLKENSTEIN
Songs of Myself
Andreas Scholl
(Harmonia Mundi)
(Spéciale dédicace à tous nos amis de Arles et d’ailleurs qui téléchargeront ce disque ailleurs, en qualité compressée)
JOSEPH HAYDN
Jean-Efflam Bavouzet, piano
(Chandos)
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Disponible en qualité CD (LossLess)
JON LORD
To notice such things
Direction Clark Rundell
(Avie)
Disponible en qualité CD (LossLess) sur Qobuz le 15 mai 2010
GUSTAV MAHLER
Direction Roger Norrington
(Hänssler Classics)
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Disponible en qualité CD (LossLess)
LUDWIG van BEETHOVEN
Symphonie n° 9
Direction Paavo Järvi
(RCA )
Enregistrement DSD (SACD) non disponible en numérique
Réédition du mois
PAUL TORTELIER
Coffret 20 CD (EMI)
Plusieurs enregistrements disponibles en numérique mais, pour le moment, non l'intégralité de ce coffret.
Enregistrement du mois. Et le disque du mois est, cocorico, sur le label non belge ZigZag Territoires, la « Fantastique » par Jos van Immerseel, un artiste dont votre serviteur reste médusé devant la gloire tardive et unanime… Chacun son goût… et Gramophone ajoute ici aux lauriers décernés depuis deux ans à ce vieil apprenti sorcier !
Écouter et télécharger Disponible en qualité CD (LossLess)
Pour achever de présenter ce Gramophone tout neuf de Mai 2010, héritier d’une tradition fondée en 1923, nous mentionnerons les portraits de Gianandrea Noseda — qui vient de remporter un beau succès avec son enregistrement Chandos du Aleko de Rachmaninov —, et de Frederica von Stade qui fera ses adieux à la carrière le 20 avril de ce mois à Carnegie Hall.
Joyce DiDonato est la star du numéro, on l’a dit. Les Festivals internationaux 2010 se voient consacrer un cahier. La discographie du mois est consacrée au Concerto « à la mémoire d’un ange » de Alban Berg, étudiée par Arnold Whittal.
Quant à James Jolly, avec deux pages de savantes rubriques audiophiles alignant des matériels qui coûtent des fortunes, il poursuit sa défense et illustration de la musique en ligne. Une croisade par lui engagée dans Gramophone il y a bien cinq ans. Et les faits lui ont donné raison.
Alors, conservatrice, l’institution Gramophone ? Il faut balayer les idées reçues !
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