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Placido de Bergerac

Efficace et enlevé : Placido Domingo a rallié tous les suffrages en Cyrano (Soirée du 22 mai 2009 au Châtelet à Paris)

PAR Philippe Thanh | CRITIQUES | 11 août 2009
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Classica


Créé en 1936, d'abord à Rome dans sa traduction italienne puis, quelques mois plus tard, à l'Opéra-Comique dans sa version française d'origine, le Cyrano de Bergerac de Franco Alfano a connu ensuite une longue éclipse en France avant d'être ressuscité au Festival de Radio France et Montpellier en 2003 pour Roberto Alagna.

Le Châtelet, à son tour, rend vie à cet opéra composé sur un livret de Henri Cain, assez fidèle au drame de Rostand malgré des coupes inévitables (dont la fameuse « tirade des nez »). Petrika Ionesco, qui signe mise en scène et décors, joue le premier degré, spectaculaire quand il le faut (l'hôtel de Bourgogne, le siège d'Arras...) et réussit les deux moments d'intimité que sont la scène du balcon et la mort de Cyrano.

Dans la fosse, Patrick Fournillier tire le meilleur parti possible d'un Orchestre de Navarre qui ne manque pas de couleurs mais qui a tendance à couvrir les voix... hormis celle de Placido Domingo qui se fait entendre sans problème dans le rôle-titre. Si sa diction du français laisse parfois à désirer, le panache est au rendez-vous et Domingo fait preuve d'une vaillance mais aussi d'un sens de la nuance qui lui rallient tous les suffrages. Nathalie Manfrino, déjà Roxane à Montpellier, incarne la coquette avec justesse et sensibilité. Quant au ténor albanais Saimir Pirgu, certes peu familier de la prosodie française, il incarne cependant Christian avec une belle santé vocale.

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