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Le Couronnement de Popée
La violence éternelle

La direction modèle d'Alessandrini pour la Rome impériale de Monteverdi (Soirée du 12 juin 2009 au Grand Théâtre de Bordeaux)

PAR Pierre Flinois | CRITIQUES | 11 août 2009
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Classica


Quatre rideaux de velours rouge, dont l'un sert de traîne à l'Amour, omniprésent, un lit, une baignoire, une table, voilà la Rome impériale de ce Couronnement de Poppée de Monteverdi donné à Bordeaux et coproduit — c'est une première ! — avec Glyndebourne.

Les héros de Tacite jouent ici l'âge contemporain d'une thématique éternelle : sexe, mensonge et meurtre. On aime quand Robert Carsen ne fait pas dans la surcharge : lecture incisive, moderne, nue, vraie, qui suffit à la violence du propos, même si la direction d'acteurs souffre sans doute de la quasi-absence du metteur en scène — retenu à Amsterdam pour sa Carmen — qui eût imposé à l'Ottone de Max Emanuel Cencic moins de pâleur, à l'Ottavia de Roberta Invernizzi plus de chair. Mais Karine Deshayes est une magnifique et pulpeuse Poppée, Jaël Azzaretti une Drusilla jubilatoire, Jeremy Ovenden un Néron plus que crédible, aux côtés de Jean-Paul Fouchécourt, Martin Oro, Khatouna Gadella parfaits.

La leçon vient aussi de Rinaldo Alessandrini qui, avec onze solistes, donne à la partition une italianité, un charme, une sensibilité lumineuse et cruelle aussi, et une ampleur qui sont une vraie réussite.

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