Le folk futuriste de Gravenhurst

Nick Talbot alias Gravenhurst présentera son nouvel album, The Ghost In Daylight, le 20 avril à Paris au Café de la Danse.

PAR Marc Zisman | Concerts et tournées | 21 mars 2012
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Vendredi 20 avril, Gravenhurst se produira sur la scène parisienne du Café de la Danse dans le cadre du Clap You hands Festival. Un concert se déroulant dix jours avant la sortie du nouvel album de la formation écossaise, The Ghost In Daylight, attendu le 30 avril, sur le label Warp.

Passionnant homme-orchestre, Nick Talbot est en fait Gravenhurst à lui (presque) tout seul. Un brodeur de mélodies d'obédience folk, tendance neurasthénique, qui ne se limite pas à revêtir le costume d'un Nick Drake voire d'un Bert Jansch ou d'un John Renbourn, grands timoniers tristes de la scène folk anglaise des années 60. Car Talbot a l'électricité chez lui, donc quelques machines dont il use avec parcimonie.

Mystérieux comme un décrochage spatio-temporel, c'est là que tout bascule. Lorsque ce folk en apesanteur aborde les rives d'un psychédélisme minimaliste. Lorsqu'il fronce les sourcils et s'abandonne aux tics répétitifs et planants du Krautrock ou aux transes saturées des derviches tourneurs du mouvement shoegazer des 80's. Une version anorexique de My Bloody Valentine, Spiritualized ou Pale Saints…

En agissant sous le pavillon du label Warp, Talbot amplifiait le mystère de son écriture qui a su hypnotiser les pontes du label spécialisé dans les esthètes de la cause electro quasi-stalinienne. Gravenhurst serait encore de la musique d'étudiant junky acnéique et amer ? On l'imagine bien seul dans sa chambre, bizuté quotidiennement à la récré, et décidé d'en découdre avec le monde armé de sa gratte en bois, de quelques munitions électroniques et de sa voix en apesanteur…

Avec The Western Lands paru en 2007, l'univers de Gravenhurst s'étoffait grandement. Ses phobies s'imbriquaient les unes dans les autres avec cohérence. Et sa propension à jouer le Bien et le Mal dans une même compo était déjà de plus en plus étonnante. C'est cet antagonisme de base devenant fusion qui rend si originale cette musique, songe vaporeux qui ripe soudainement vers une tempête des plus intimes et dont The Ghost In Daylight est un nouveau sommet.

Le site de Gravenhurst

Le site du Café de la Danse

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