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Décès de George Russell

Le créateur du Jazz Modal, qui suscita une révolution harmonique d'envergure portée à son point d'aboutissement par Kind of Blue de Miles Davis, a succombé, lundi dernier à la maladie d'Alzheimer.

PAR Pierre-Carl Langlais | CHERS DISPARUS | 30 juillet 2009
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Une grande figure historique du Jazz décédait lundi 26 juillet à Jamaica Plain, quartier historique de Boston, sis au sud de la capitale puritaine. Atteint de longue date de la maladie d'Alzheimer, George Russell disparaissait avec une discrétion qui lui était coutumière.

Quasi-inconnu du grand public, Russell s'effaça presque entièrement derrière la révolution harmonique qu'il initia : l'invention du jazz modal. Aussi son existence dessine-t-elle une courbe claire, orientée vers un seul dessein, une unique quête.

Né à Cincinnati le 23 juin 1923, George Allen Russell découvrait la musique dans le cadre d'un camp scout : attiré par la vivacité des rythmes, il apprenait le tambour. Intégrant par la suite l'université afro-américaine de Wilberforce (Ohio), il s'associa à un groupe de jazz amateur, les collégiens. Sa carrière d'instrumentiste semblait toute tracée. Toutefois, en 1941, Russell contracte la tuberculose, et demeure confiné de longs mois dans une chambre d'hôpital. Le hasard faisant bien les choses, il se trouve que son voisin de chambre est un professeur d'harmonie classique. Au cours de nombreux entretiens et réflexions, Russell conçoit une esthétique musicale nouvelle.

S'inspirant des modes de la Renaissance, eux-mêmes issus de traités musicaux de la Grèce ancienne, il forge un système harmonique vertical, qui permet à l'interprète de varier les thèmes à son gré, grâce à la transposition modale. Ainsi, en passant du mode majeur ou dorien (do-ré-mi), au mode lydien (fa-sol-la), le musicien parvient à suggérer des atmosphères radicalement différentes. De la sorte, peut-on varier une séquence mélodique ad libitum sans recourir à des modèles contrapunctiques.

Telles quelles ces conceptions semblent relativement simples. Pourtant, Russell éprouvait les plus grandes difficultés à les exprimer clairement : « Quand vous essayez de populariser une nouvelle théorie musicale, le plus grand obstacle consiste à ordonner ses idées en phrases limpides, de telle sorte que le public puisse aisément les comprendre. Quelques fois, lorsqu'il m'arrivait de me relire, je ne me comprenais pas ». Il fallut ainsi à Russell une gestation d'une dizaine d'années pour rédiger la « bible » du jazz modal, parue en 1953 à compte d'auteur : Le Concept chromatique lydien d'organisation tonale.

Au cours de cette studieuse décennies, Russell mit également ses théories en pratique, dans diverses compositions. Il écrivait ainsi une introduction modale pour un album de Dizzy Gilpesie, Cubano Be ainsi qu'un essai précoce de métissage jazz-classique, A Bird in Igor's Land pour le clarinettiste Buddy De Franco. En 1956, il amorça une carrière temporaire de « Bandleader », en publiant trois albums The Jazz Workshop, New York, N. Y. (1959) et Ezz-Thetics (1961), auquel s'ajoute un opus tardif, The African Game (1983). Toutefois, en dépit de ces heureuses tentatives, Russell n'avait pas grande estime de ses dons de compositeur et d'interprète : « Je ne joue pas du piano, je joue le concept chromatique lydien ». D'autres musiciens allaient se charger de concrétiser ses travaux théoriques...

A la fin des années 1940, Russell rejoignit le cercle de l'arrangeur Gil Evans, qui comprenait entres autres, Miles Davis. Désireux de rompre avec les excès « contrapunctiques » du Be-Bop, ce dernier adopta les conceptions modales de Russell, qu'il porta à un point de perfection absolue dans Kind of Blue (1958). Plusieurs collaborateurs de Miles Davis, poursuivirent cette voie ainsi tracée, tels que les saxophonistes John Coltrane et Eric Dolphy. Devenu professeur auprès de l'université de Jazz de Lenox, puis du conservatoire de Nouvelle-Angleterre, Russell soutint avec bienveillance ces apôtres qui venaient répandre son évangile.

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pieromanu il y a plus de 2 ans Notation-onNotation-offNotation-offNotation-offNotation-off

Merci pour ce rappel de l'importance de George Russell pour la musique, et pas seulement pour le jazz, sa disparition est un triste événement. Cependant cet article souffre d'approximations et comporte quelques affirmations faites à l'emporte pièce dont certaines sont pour le moins choquantes.
Tout d'abord si George Russell apprit les bases de l'harmonie et de l'arrangement pendant sa première hospitalisation (avec un musicien atteint de tuberculose, non avec un prof d'harmonie classique), c'est durant sa deuxième hospitalisation en 1946 qu'il commençât à travailler sur le Concept. Les seuls cours de composition qu'il prît furent avec Stefan Wolpe, pendant une courte période.
Ensuite dire que George Russell fut un "bandleader" temporaire est simplement stupide et montre votre méconnaissance de sa carrière. Russell a dirigé des ensembles allant du sextet au big band toute sa vie, illustrés par plus d'une vingtaine d'albums sous son nom. Il est également complètement ridicule de dire que Russell n'estimait pas ses capacités de compositeur et pianiste, si cela avait été le cas il aurait arrêté la musique. la citation inclue ici, réponds à une question concernant son approche du piano. Il ne se considérait pas comme un pianiste à proprement parler mais préférait dire qu'il jouait du concept pour garder l'appellation de pianiste pour des artistes comme Bill Evans, pour lequel il avait un profond respect.
Je passe sur les "excès contrapuntiques du bebop", une phrase qui ne veut rien dire, et sur les erreurs dans les titres de morceaux (A Bird in Igor's YARD, c'est quand même pas compliqué de faire un recherche internet avant d'envoyer un article) et sur la phrase de conclusion qui démontre juste votre mauvais goût en termes d'écriture. mais je ne peux laisser dire ces âneries sur le Concept Lydien. Le Concept n'est pas dérivé des modes de la Renaissance (vous vouliez dire Moyen-Age peut-être?), mais de l'échelle des harmoniques et du cycle des quintes. De plus votre explication de la "transposition modale" est juste risible.
Enfin si George Russell est considéré comme un influence déterminante dans l'éclosion du "jazz modal", c'est aller un peu loin que de dire que le Concept est modal et donner à Russell la paternité d'un style encore mal défini. Je suis en complet désaccord avec cette interprétation (mais il faudrait plus qu'un post pour expliquer pourquoi).
Bref, quand on ne sait pas de quoi on parle, on fait un peu de recherche (il suffit d'aller sur www.georgerussell.com), et on s'en tient aux faits.

//  Modifié le 13/6/2010 9:50.

pieromanu

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