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Alexis Weissenberg est mort

Le grand pianiste Alexis Weissenberg s’est éteint à l’âge de 82 ans.

PAR Max Dembo | CHERS DISPARUS | 9 janvier 2012
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Alexis Weissenberg est décédé le 8 janvier, dans sa maison de Lugano en Suisse. Grand pianiste et homme d'une vive intelligence, il était âgé de 82 ans. Pour Karajan, Weissenberg était un des meilleurs pianistes de notre temps. Un talent qui côtoiera les plus grandes baguettes comme William Steinberg, Georges Szell, Sergiu Celibidache, Eugène Ormandy, Victor de Sabata, Lorin Maazel, Claudio Abbado, Stanislaw Skrowaczewski, Seiji Ozawa, Leonard Bernstein, Georges Prêtre, Herbert von Karajan, Carlo Maria Giulini ou bien encore Georg Solti. Durant les années 70 et 80, invité régulier du fameux Grand Echiquier de Jacques Chancel, sa notoriété dépassera même la sphère classique. A son répertoire, Beethoven, Brahms, Debussy, Schumann, Tchaïkovski et Liszt notamment, mais aussi Chopin, Rachmaninov et Bach.

Né à Sofia le 26 juillet 1929, Weissenberg débute l’étude du piano à seulement trois ans avec Pancho Vladiguerov. Cinq ans plus tard, il donne son premier concert et entame une carrière en Turquie, Égypte, Palestine et en du Sud. En 1946, il s’envole pour New York pour étudier à la Julliard School avec Olga Samaroff. Il fréquente également Artur Schnabel et Wanda Landowska.

En 1947, Alexis Weissenberg est lauréat du prestigieux Concours International Leventritt, et fait ses débuts à Carnegie Hall avec l’Orchestre Philharmonique de New York dirigé par George Szell et l'Orchestre de Philadelphia sous la direction d'Eugène Ormandy. Sa carrière internationale le mène aux quatre coins du monde. Entre 1957 et 1965, il se met en retrait pour mieux approfondir son instrument et enseigner également.

En 1965, un petit film avant-gardiste signé Åke Falck, assistant de Bergman, saisit Weissenberg, à Stockholm, dans les trois mouvements de Petrushka de Stravinsky. La version est saisissante. Karajan, subjugué par le pianiste, l’invite immédiatement à se produire avec sa Philharmonie de Berlin.

Ses lectures de Liszt à l’aube des années 70 restent majeures. Idem pour ses enregistrements Schumann, Rachmaninoff et Chopin. Parmi ses autres pieces de reference, un Concerto n°1 de Brahms avec Giulini et Muti, ou le Concerto pour piano n°2 de Rachmaninoff avec Karajan et la Philharmonique de Berlin, ou bien encore le Concerto pour piano n°3 (deux versions avec Prêtre et Bernstein).

Ses apparitions avec les plus grands orchestres et chefs du monde et dans les plus prestigieux festivals tels que Salzbourg avec le Philharmonique de Vienne et celui de Berlin l'ont rendu célèbre dans le monde entier. Weissenberg effectuera l'enregistrement intégral des cinq concertos de Beethoven sous la direction de Karajan avec le Philharmonique de Berlin.

Egalement compositeur, il présentera notamment en 1979 La Fugue, sa première comédie musicale, au Théâtre de la Porte Saint Martin à Paris. La presse française ne fut guère tendre avec lui : « Nullité triomphaliste » pour Claude Baignères dans Le Figaro, « Faut-il tirer sur le pianiste ? » pour François Chalais dans France Soir

Alexis Weissenberg enseignera également régulièrement et donnera des masterclasses dans le monde entier. Il a fondé la Alexis Weissenberg’s Piano Master Class à Engelberg en Suisse, où il a accueilli de nombreux pianistes comme Kirill Gerstein, Simon Mulligan, Nazzareno Carusi, Cédric Tiberghien, Ido Bar Shai, François Weigel entre autres. Ces dernières années, souffrant, il se faisait rare…

Ecoutez notre playlist Alexis Weissenberg

Le site d’Alexis Weissenberg

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Votre avis

Note des internautes : 01234

Publié par zigor (1 message) il y a 2 mois
01234 Grande tristesse en apprenant par hasard sur ce site la disparition d'Alexis Weissenberg. Je l'ai très bien connu autrefois pour l'avoir invité à de nombreux récitals qu'il m'avait fort aimablement autorisé à enregistrer : inestimables souvenirs...Malgré sa très grande notoriété, quelques uns seulement de ses disques lui rendent justice, notamment sur le plan de la qualité sonore : les variations Goldberg, le Brahms avec Giulini, les partitas. Quoi qu'il en soit, aucun de ceux qui ont approché l'univers musical de M.Weissenberg n'oublieront jamais ce grand maître du clavier. Merci, Alexis!
Publié par brard (2 messages) il y a 4 mois
01234 Effectivement il faut absolument voir, et écouter aussi (!) le Petroushka filmé par Åke Falk, un chef d'oeuvre musical autant que visuel.
J'ai eu la chance d'entendre Alexis weissenberg en concert à Paris il y a une bonne vingtaine d'années et j'en garde un souvenir merveilleux.
Ses nocturnes de Chopin et son troisième concerto de Prokoviev (avec Ozawa) sont à recommander sans réserves.
Publié par Prest12 (18 messages) il y a 4 mois
01234 J'adorai cet artiste, je l'avais rencontré une fois, à Cannes, au moment du Midem, il y a sans doute dix ans déjà. Il était assez diminué, cela m'avait touché. Il était d'un gentillesse et d'une cordialité remarquable. C'était vraiment un très grand artiste et aussi compositeur de talent.
Publié par albums45 (31 messages) il y a 5 mois
01234 Un musicien très sous estimé. Les images de ce Petrushka étaient étonnantes.
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