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Samuel BARBER : Mélodies

PAR Dominique Joucken | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 18 mars 2008
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Classica

Gerald Finley (baryton), Julius Drake (piano), Quatuor Aronowitz

Hyperion CDA67528 (Abeille). 2005-2007. 62'

NOUVEAUTE      

Prise de son de r

La note de Classica :

La note de ce disque est une moyenne. Tout sera fonction des goûts de l'auditeur par rapport à la musique enregistrée ici. L'oeuvre de Samuel Barber est en effet tellement hétéroclite qu'il est difficile de porter un jugement qui ne soit pas purement personnel. Les mélodies réunies sur cet album, qui s'étendent tout au long de la carrière de Samuel Barber, sont représentatives de cet éclectisme. Certaines sont d'un néoromantisme franchement assumé (The Daisies), alors que d'autres superposent une ligne vocale plutôt classique à un accompagnement pianistique alla Berg (The Monk and his Cat). Ailleurs, c'est l'expressionnisme futuriste d'un Serge Prokofiev qui semble fasciner le compositeur (I hear an army). Nouveau changement de style avec les Mélodies passagères, écrites sur des poèmes de Rainer Maria Rilke rédigés en français au moment où ce dernier vivait dans le Valais. Ici, c'est le style de Poulenc qui est ouvertement imité. Tout ceci donne une impression de patchwork un peu décousu, même si certaines mélodies ne manquent pas de charme. L'oeuvre la moins contestable du récital est le Dover Beach, écrit pour voix et un accompagnement de quatuor à cordes. Même si on y sent là aussi des influences extérieures (Maurice Ravel, en l'occurrence), il s'agit d'une réussite incontestable, un poignant tableau marin doublé d'une méditation désolée sur la condition humaine.

L'interprétation n'appelle que des éloges. Fidèle à son habitude, Gerald Finley fait preuve d'un professionnalisme remarquable, et nous offre un timbre viril et châtié. À noter : la parfaite égalité de la voix dans tous les registres, qui sont pourtant abondamment sollicités. L'accompagnement de Julius Drake est exemplaire, et le Quatuor Aronowitz traduit à merveille les entrelacs de sa partie.

Ceux qui goûtent cette musique trouveront que l'album mérite un « 9 », voire un « 10 », et ils auront sans doute raison. Les autres estimeront que « 5 » constitue une note suffisante pour une oeuvre aussi décousue. À l'auditeur de trancher. Signalons aux amateurs que l'intégrale de ces mélodies a été enregistrée chez DG par Cheryl Studer et Thomas Hampson, d'une façon tout aussi recommandable.

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