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ROBERTO ALAGNA
Vladimir COSMA : Marius et Fanny

PAR Jérémie Rousseau | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 4 juin 2008
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Classica

Roberto Alagna (Marius), Angela Gheorghiu (Fanny), Jean-Philippe Lafont (C

Larghetto Music Largh 001 (Abeille). 2007. 71'

NOUVEAUTE_PREMIERE      

Mixage des voix et de l'orchestre manquant parfois de naturel.

La note de Classica :

Dans la carrière de Roberto Alagna, l'année 2007 restera un cru d'exception, marqué par deux créations mondiales en l'espace de quelques semaines.

D'abord, en juillet, Le dernier jour d'un condamné, l'opéra de son frère David adapté de Victor Hugo, puis à l'automne

Marius et Fanny

, d'après Marcel Pagnol, écrit sur mesure pour Angela Gheorghiu et lui-même, par Vladimir Cosma. Deux sujets aussi peu comparables que les musiques qu'ils ont inspirées – même si les deux compositeurs, pour leur premier essai lyrique, peuvent chacun revendiquer un attachement fort à la tonalité et à la mélodie, motivés par un souci permanent d'intelligibilité du texte.

David Alagna a travaillé en étroite collaboration avec ses frères Frederico et Roberto pour structurer le roman de Hugo, tandis que la Trilogie Marseillaise (privée ici de son ultime volet César) a nécessité l'intervention de six librettistes – dont Vladimir Cosma. Ce ne sera pas faire insulte à David Alagna que d'affirmer que Vladimir Cosma est plus inspiré et inventif que lui ; le métier de ce mélodiste hors-pair est infaillible, la science orchestrale sûre, et le sens harmonique assez personnel. Forgée à travers des centaines de musiques de films, la « touche » Cosma a cette couleur tendre, réjouie, quelque part entre Giacomo Puccini et John Williams pour la fibre lyrique, et entre Francis Poulenc et Michel Legrand pour l'ironie et la pointe sèche : en clair, la combinaison idéale pour croquer l'atmosphère du Vieux-Port, l'air du grand large, et le comptoir du Bar de la Marine, coulisses de l'amour impossible de Fanny et Marius. Ici, la sélection de scènes clés (enregistrée en studio à Londres, après les représentations à Marseille) touche d'emblée par son peps, ses accents mélos, et bien sûr par les timbres de Roberto et Angela, fondus dans une écriture flatteuse – précipitez-vous sur leur duo « Il faut choisir sa vie » et sur l'air de Fanny « Est-ce le monde qui s'écroule ? ». Oui, il y a du Grand Blond et du Chateauvallon dans cette musique, des facilités aussi, mais voilà du bon théâtre chanté, frais, populaire et savant.

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