Marc-André HAMELIN : « In a state of jazz » Œuvres de Gulda, Kapustin, Weissenberg et Antheil
Marc-Andr
Hyperion CDA67656 (Abeille). 2007. 69'
NOUVEAUTE
Magnifique de pr

Après un premier album réunissant des œuvres du compositeur Nikolaï Kapustin, Marc-André Hamelin interprète huit partitions « en état de jazz » : Exercices Nos 1, 4 et 5, Prélude et Fugue de Gulda, Sonate n° 2 de Kapustin, Sonate en état de jazz et Six arrangements de chansons de Charles Trenet de Weissenberg ainsi que la Jazz Sonata d'Antheil.
De quoi ravir les amateurs du genre qui découvrent en lisant le remarquable texte rédigé par l'interprète ces « étranges » compositeurs qui ont allègrement franchi les frontières entre les genres. Peut-on écrire le jazz ? Pour Marc-André Hamelin, il ne fait aucun doute que si les jazzmen jouent du classique (voir Keith Jarrett), les pianistes classiques peuvent tout à fait s'intéresser au jazz !
Le résultat est cette gourmandise sonore ! Les genres musicaux les plus divers sont servis par une technique ahurissante. Avec la Sonate n° 2 de Kapustin, il faut songer à un Prokofiev teinté de quelques digressions de Bizet, le tout dans une écriture proche d'Art Tatum... Les Exercices de Friedrich Gulda, extraits de son recueil Play piano Play ont une vocation pédagogique, mais ces Mikrokosmos du jazz sont un concentré de pièges hilarants.
La Sonate en état de jazz de Weissenberg s'inspire du jazz des années cinquante. Sa complexité d'écriture, ses dissonances si belles s'inscrivent dans quatre danses (tango, charleston, blues et samba) recomposées avec un charme fou. Weissenberg signa « Mr. Nobody », les six arrangements de chansons de Trenet qu'il composa. Ces futilités étaient prohibées aux pianistes qui menaient alors une carrière internationale...
Les chansons sont devenues acidulées (En avril à Paris, Vous qui passez sans me voir...), décalées, difficiles sur le plan technique (certaines rappellent l'écriture de Rachmaninov). Marc-André Hamelin modifie radicalement son jeu en fonction des pièces, s'attachant à une succession de portraits tous plus savoureux les uns que les autres. La très brève Jazz Sonata d'Antheil qui clôt le récital dans une explosion pyrotechnique est à l'image d'un pianiste impossible à cataloguer. Bref : un disque ré-joui-ssant !
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